Zahir Zerdab (AC Amiens) : « Ca ne faisait pas partie de mes projets » | OneFootball

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·28 septembre 2022

Zahir Zerdab (AC Amiens) : « Ca ne faisait pas partie de mes projets »

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Arrivé à l’AC Amiens durant l’été après plusieurs saisons à Camon, Zahir Zerdab était une surprise dans le recrutement du pensionnaire de National 3 et avoue que cela n’était pas le plan prévu initialement.

Que faîtes-vous à l’AC Amiens ?

Il y a eu des choses de faites ou de pas faites à Camon. Rachid et Azouz m’ont contacté, tout s’est très bien passé et me voilà ici.

Est-ce qu’il y a de la rancoeur envers Camon ?

Non, aucunement, c’est mon club, j’y ai fait seize ans ! On arrivait peut-être à la fin d’un cycle où je m’inscrivais quand même dans la suite mais tout n’a peut-être pas été fait pour qu’on puisse continuer ensemble, malheureusement. Après, même si ce n’était pas forcément mon objectif, je retrouve quand même un club qui est au-dessus et qui compte sur moi pour relever le challenge du National 3. Ca ne faisait pas partie de mes projets, sinon on l’aurait fait avant, mais les circonstances ont fait que ça se fait cette saison.

Avec l’âge, les joueurs ont tendance à descendre de division, vous faîtes l’inverse…

Quand j’avais quitté le monde professionnel, j’avais de réelles propositions de contrat pour jouer en National, il y a quatre ou cinq ans mais le fait de revenir dans ma région et devoir refaire des sacrifices pour rester dans le monde professionnel… Ce n’est pas que je ne voulais plus, mais quand on passe de Ligue 1 étrangère où j’étais très bien payé à un club de National où il faut faire beaucoup de sacrifices pour pas avoir forcément le même salaire… Soit je continuais ces sacrifices, soit je rentrais dans le monde professionnel hors du football. J’avais crée deux sociétés pour les gérer et jouer dans le club à côté de chez moi, et ça tombait bien parce que c’était Camon. On a réussi à remonter le club, faire des choses pour créer quelque chose. Malheureusement, on n’a pas réussi à aller en N3. Je pense qu’il fallait laisser encore un petit peu de temps parce qu’on avait une très belle équipe l’année dernière et je le vois d’autant plus cette année en jouant à ce niveau. Je me dis qu’intrinsèquement, tous les joueurs avaient le niveau N3 et il fallait fédérer un bon groupe mais ça demande parfois du temps. Une page s’est tournée, dix titulaires sont partis et on voit où ils sont partis, quasiment tous au-dessus, certains en National 1. La qualité était là mais tout n’a pas été fait pour garder tout le monde du coup le challenge est tombé à l’eau. Peut-être qu’ils vont réussir comme ça mais ce sera un peu plus compliqué avec des joueurs qui ont moins d’expérience et de qualité intrinsèque pour jouer au-dessus.

Est-ce votre dernier challenge ?

Rachid et Azouz, je les connais depuis très longtemps. Quand j’avais été gravement blessé à l’étranger et que j’étais revenu pour faire ma rééducation, Azouz m’avait pris pour que je puisse reprendre le rythme et repartir. Il y a toujours eu beaucoup de respect entre nous et quand ils m’ont demandé si je pouvais donner un coup de main, j’ai dit oui. Au regard du niveau, il n’y avait pas de problème parce que je faisais la différence en R1 et le niveau R1 d’aujourd’hui est très solide. Si je peux rendre service en N3 et aider le groupe qui a des bons joueurs, pourquoi pas. Ca manque peut-être un peu de maturité ou de petits détails à gommer. On va essayer d’amener cette goutte de professionnalisme pour que les mecs se mettent dedans.

Avez-vous douté sur votre capacité à jouer à ce niveau ?

Non, pas du tout. J’ai toujours dit que si je voyais des joueurs bien meilleurs que moi, je serai le premier à essayer de les piloter pour qu’ils puissent franchir des paliers et s’il faut jouer quinze minutes, je jouerai quinze minutes. Mais je suis encore compétiteur et il va falloir qu’ils cravachent pour que chacun gagne sa place.

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Vous n’avez donc pas envie de lâcher…

Non ! Le jour où j’aurai envie de lâcher, que je ne pourrai plus faire trop d’entraînements, je couperai et c’est tout.

Ca fait maintenant deux mois que vous êtes ici…

Un peu moins parce que dans mes conditions, avec tout le travail que j’avais eu cette année, je partais en vacances tout le mois d’août. Je n’ai donc pas eu de préparation et je suis arrivé à la fin du mois d’août. Je n’étais pas qualifié pour le premier match mais j’avais fait quelques séances d’entraînement avec le groupe pour faire connaissance. J’ai été super bien accueilli, il y a beaucoup de respect de part et d’autres, tout va bien.

Comment qualifieriez-vous ce début de saison sportif ?

Les choses sont en train de se mettre en place, le coach essaye plusieurs formules. Il y a des compléments de joueurs à trouver parce que certains comme moi sont arrivés tard. Le premier match, on l’a gagné mais c’était moyen dans la prestation. Le deuxième, c’était un non-match face à une très bonne équipe. A Feignies, c’était beaucoup mieux, il y avait une vraie belle prestation collective de l’équipe mais sur un détail on prend un but et ce sont ces petites choses qui font que l’on ira au-dessus. On est sur la bonne voie. On s’est qualifié à Candas, les gars ont fait le travail, étaient motivés, on a mis des buts, on n’en a pas encaissé, on n’a pas concédé d’occasion sur un terrain pas facile. Ce sont souvent des matches pièges mais on montre qu’il y a des paliers. On allie la passion avec cette envie de prendre plaisir sur le terrain mais on ne prend plaisir que dans la victoire. Tu peux faire un bon match, si tu le perds, en tant que compétiteur, tu n’es pas content. Le coach peut être satisfait du contenu, mais en tant que joueur, on doit haïr la défaite, se dire qu’on a déjà laissé six points, mettre la machine en route.

Vous êtes un exemple de longévité…

Il paraît, oui ! Après, quand on a une bonne hygiène de vie, que l’on fait les choses bien, on met tous les atouts de son côté pour perdurer. Il y a des joueurs qui ont l’âge de mon fils sur le terrain, mais on ne se dit pas « untel à tel âge » quand on joue. Ce n’est pas parce que l’on a fait quelque chose par le passé que c’est simple. On a la chance de prouver chaque année, on m’a pris pour ce que je peux apporter aujourd’hui, pas ce que j’ai apporté avant, même si l’expérience sert forcément. On compte sur moi sportivement pour ce que je peux faire aujourd’hui et c’est important de montrer qu’il y a du travail à faire. Il y a des discours où j’ai senti que beaucoup de joueurs veulent encore devenir professionnels, ils ont encore de la marge parce qu’ils n’ont que 22 ou 23 ans, mais il faut leur montrer que pour y arriver, il faut des résultats. Il y a tellement de joueurs, tellement de concurrence qu’on ne viendra pas chercher des joueurs qui sont dans le milieu de tableau en N3. Il faut être en haut, faire des choses un peu exceptionnelles pour que les gens s’intéressent à ces joueurs. Je pense que le message est passé et l’ambition personnelle de chacun fera que collectivement, le club sera en haut.

Et quel est l’objectif collectif de l’AC Amiens ?

Le coach est très compétiteur et veut jouer le haut du tableau, les joueurs veulent soit se relancer, soit passer des paliers et pour faire ça, il faut être en haut. Très clairement, il faut haïr la défaite. A partir de là, il y aura forcément des victoires et on ne sera pas loin de la vérité.

La coupe de France peut-elle devenir un objectif ?

Bien sûr parce que ça peut permettre à un moment donné de se mesurer à une équipe qui est trois ou quatre niveaux au-dessus, de jouer contre un club professionnel, voir s’il y a des différences. C’est important de passer des tours et se confronter à des équipes d’un niveau supérieur.

Propos recueillis par Adrien ROCHER

Azouz Hamdane : « Zahir apporte des ondes positives »

« Il apporte ce qu’il doit apporter, est dans son registre. Il a énormément d’expérience, apporte sa joie de vivre, a encore envie de jouer. On va essayer de le gérer mais il apporte des ondes positives et il a beaucoup à partager. J’espère que les joueurs autour de lui vont apprendre de tout ça et que ça va créer quelque chose. Il manque cette dynamique mais les résultats amèneront ça. J’espère que ça arrivera le plus rapidement possible. Au-delà de l’aspect sportif et ses performances, on l’a pris pour qu’il emmène le groupe. Il a joué en R1 ces dernières années et il faut qu’il se remette dans le rythme, mais dans parfois, dans des contextes difficiles, il sait trouver les mots justes. Dans les contextes favorables, il sait faire en sorte que les joueurs ne s’enflamment pas. C’est un bon relais. »

A.R.

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