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La Grinta

·24 mars 2021

Tribune Libre : Gabriel nous raconte son Olimpija Ljubljana

Image de l'article :Tribune Libre : Gabriel nous raconte son Olimpija Ljubljana

Nouveauté chez La Grinta. Si les supporters sont absents des stades depuis quelques mois, leur passion reste sans faille. Alors nous avions envie de leur offrir une carte blanche pour raconter avec leurs propres mots et sans filtre ce moment, ce joueur, cette victoire ou cette déception qui symbolise le mieux leur amour pour un club. Après « Monsieur Mehdi » et la Roma, « Camelus Blaah » et son OM, nous partons aujourd’hui dans les Balkans avec Gabriel et plus spécifiquement en Slovénie.


Pour comprendre comment un petit franchouillard de la région parisienne s’est pris de passion pour un club de la capitale slovène, il faut remonter aux origines de cette histoire que j’ai construit petit à petit avec la Slovénie en elle-même.

Cette histoire n’est pas liée à des origines familiales, même lointaines, loin de là. Cette histoire est née… d’une retransmission télé. Oui, oui. Une étape de la Coupe du monde de ski alpin, je ne saurais plus dire où ni exactement quand, en 2010 ou 2011. Et j’ai remarqué l’immense difficulté des commentateurs de l’époque pour prononcer les noms des compétiteurs venant de Slovénie. Sans savoir pourquoi, cela m’a intrigué, et j’ai eu envie d’en savoir plus, d’abord sur cette prononciation puis fatalement sur la langue slovène et finalement la Slovénie de manière générale.

Et c’est là que le déclic s’opère. J’ai été charmé par les images, les paysages, cette complexité et ces tiraillements historiques qui ont façonné ce pays à cheval entre l’Europe occidentale (aussi bien latine que germanique) et orientale avec cet héritage balkanique. Après diverses recherches et tentatives infructueuses pour apprendre à baragouiner quelques mots en slovène, il est devenu évident pour moi que je devais y aller, par tous les moyens. Mais à 15 ans, pas si simple de partir comme ça, ou de convaincre ses parents que la Slovénie est la destination idéale des prochaines vacances (bien dommage car c’est le cas). C’est alors que je contacte l’ambassade de France à Ljubljana, capitale de la Slovénie, un peu comme une bouteille à la mer sans en attendre beaucoup. Et là, contre toute attente, j’obtiens une réponse. Réponse dans laquelle on me demandait de réaliser un espèce de CV, une présentation de qui je suis. D’abord étonné, je m’exécute et on finit par m’expliquer que cette présentation va finir placardée dans des lycées où le français est enseigné.

Après quelques jours, je commence à recevoir plusieurs mails de jeunes Slovènes qui veulent en savoir plus sur cette démarche, jusqu’à ce mail de Kristina et de sa sœur Ana Maria qui me proposent de venir passer une semaine ou deux chez eux, dans le petit patelin de Gozd Martuljek (on retrouve le côté imprononçable pour nous français), vers Kranjska Gora, station de ski bien connue des spécialistes du circuit de Coupe du monde (on revient sur les débuts de l’histoire). Me voilà donc parti à l’été 2011, à 15 ans, direction la Slovénie. Tout se déroule pour le mieux, aucune déception de ce que je trouve en Slovénie, au contraire je kiffe.

Un jour, est décidé d’aller faire un tour à Ljubljana, la capitale et plus grande ville slovène avec donc Kristina, Ana Maria et son copain Jure. Et c’est là que l’histoire prend enfin la tournure footballistique. Le courant passe tout de suite avec Jure, alors membre des Green Dragons, le groupe d’ultras du fameux Olimpija Ljubljana. A l’époque, je m’intéressais au foot mais je n’avais que peu de connaissances des mouvements ultras mais il y avait l’image des groupes serbes qu’on pouvait voir à la télé. Ça donnait envie. Et hasard du calendrier, ce soir-là, à Ljubljana, se jouait un match international, à Stožice, le stade national, entre la Slovénie et l’Estonie. L’occasion de montrer que dans ma quête de connaissances j’avais pu apprendre Zdravljica, l’hymne slovène. Mais surtout, quelques jours plus tard, le championnat local, Prva Liga Telekom Slovenije, reprenait ses droits et au même endroit se jouerait un match entre l’Olimpija Ljubljana et le Rudar Velenje. Rendez-vous était donc pris avec Jure pour vivre un match au sein des Green Dragons.

Et c’est donc dans la tribune nord (« sever ») que la passion a pris vie, dans un stade pourtant peu garni (12 000 places, ça fait un peu grand en Slovénie), au milieu des Green Dragons, avec qui j’ai chanté en yaourt les chants qu’ils entonnaient (le seul dont j’ai compris le sens était à destination des ennemis de Maribor, l’autre grand club slovène). Difficile de ne pas être emporté par cette ferveur, cette passion, ces drapeaux, ces chants, ces fumis, tout ce qui fait qui fait une tribune qui vit ! En plus de cela, le parallèle avec la Slovénie en général était palpable. On n’est pas grands, on n’est pas nombreux, mais on veut faire du bruit, se faire une place, sans se faire passer pour ce qu’on n’est pas. C’est un résumé parfait de mon expérience avec la Slovénie et donc avec l’Olimpija qui est un grand club, si frustrant. Et l’autre résumé qui lie la Slovénie de manière générale et l’Olimpija, c’est le fait qu’on arrive à faire de très belles choses avec si peu (Handanovic, Oblak, Ilicic pour ne citer qu’eux) mais qu’il manque toujours une petite chose pour bien faire. A l’image des qualifications aux grandes compétitions pour la Slovénie et des titres manqués de rien ou qualifications européennes gâchées par les Dragons d’Olimpija. C’est peut-être cette frustration qui exacerbe la passion et donne envie de faire bouger les choses encore plus à son niveau.

Mais finalement ce que j’aime, c’est adorer des choses que d’autres remarquent peu. La Slovénie en fait partie et j’essaye tant que je peux de la faire connaître car c’est une pépite. Et c’est aussi cela qui m’a poussé à créer un compte francophone à l’Olimpija Ljubljana (@OlimpijaFR), faire découvrir des choses aux gens, partager ce qui me passionne. Comme beaucoup de ces comptes, on ne cherche pas de grosses communautés, on veut juste montrer ce qui nous fait vibrer à qui veut bien le voir, que ce soit 5 personnes ou des milliers. C’est comme cela que l’on découvre de superbes personnes comme Jure, devenu un ami depuis maintenant 10 ans, et avec qui j’étais encore au stade peu avant la pandémie.

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