Tchaouna, Diouf, Tel… : la problématique des jeunes pour Florian Maurice au SRFC | OneFootball

Tchaouna, Diouf, Tel… : la problématique des jeunes pour Florian Maurice au SRFC

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Si le Stade rennais a l'ambition de sortir plusieurs jeunes de son centre de formation, se faire une place pour eux dans l'équipe de Bruno Genesio reste une tâche difficile, même (...)

C’est un constat qu’il est difficile de nier aujourd’hui. Depuis l’arrivée de Florian Maurice au Stade rennais, les jeunes ont été de plus en plus nombreux à intégrer le groupe professionnel. Il y a un an, la moyenne d’âge du groupe en stage à Dinard était de 23 ans. Hier, 9 joueurs sur les 17 présents à la reprise étaient âgés de 22 ans ou moins. Cette saison encore, ils seront nombreux à intégrer le groupe de Bruno Genesio. A l’instar de Loum Tchaouna, Andy Diouf et Matthis Abline, trois nouveaux joueurs sont attendus : Mathys Tel et Jeanuel Belocian, déjà intégrés au fil de l’exercice 2021-2022, et Désiré Doué. Ces trois représentants de la génération 2005 ne devraient donc plus beaucoup joué avec la réserve la saison prochaine, même malgré la montée d’un échelon supplémentaire (National 2), mais ne sont également pas certains d’avoir beaucoup de minutes avec les pros.

« On nous demande d’avoir des résultats très importants, se qualifier en coupe d’Europe. Et aussi, d’avoir des jeunes sortis du centre de formation. L’équilibre est très difficile à trouver. » expliquait lundi Florian Maurice sur le plateau de Pleine Lucarne (TVR / Ouest-France). « Nos jeunes ont beaucoup de qualité. Le tout est de savoir combien de temps on met à les intégrer, et combien on peut en intégrer en moyenne par saison. » Avant les trois 2005 attendus cette saison, trois 2003 ont intégré le groupe la saison dernière. Bilan des courses au bout de la saison 2021-2022 : 210 minutes pour Tchaouna, 127 pour Abline, 35 pour Diouf, toutes compétitions confondues.

Le groupe de 20, le vrai problème

Si les jeunes intègrent effectivement le groupe pro, peu d’entre eux sont cependant susceptibles d’enchainer avec du temps de jeu. Warmed Omari, Adrien Truffert ou Lorenz Assignon sont désormais plus âgés même si « jeunes » au sens premier du terme, et Jérémy Doku comme Kamaldeen Sulemana (non formés au club) restent des exceptions. Intégré il y a un an et demi, Lesley Ugochukwu n’a joué que 524 minutes cette saison, embêté il est vrai par une blessure début 2022, mais rentrant peu dans la rotation.

Loum Tchaouna et surtout Andy Diouf n’ont eux que très peu eu leur chance, barré notamment par la taille du groupe. L’évolution des règles en Ligue 1 donne désormais la possibilité au coach de retenir un groupe plus large de 20 joueurs, donnant de facto moins de chance aux jeunes d’entrer en cours de jeu car plus de concurrence sur le banc. Cette saison donc, Diouf et Tchaouna ont multiplié les groupes pros sans pouvoir jouer ni en Ligue 1, ni en réserve car retenus par les pros. Un vrai casse-tête qui pourrait cette saison se poser pour Tel, Belocian et Doué.

C’est bien là tout le paradoxe, un jeune pro se retrouverait donc à disputer plus de minutes en sélection nationale qu’avec son club, dans le cas où il se retrouverait « coincé » entre la réserve et les pros. Tel, Belocian et Doué champions d’Europe U17, Tchaouna et Diouf sont encore en course à l’Euro U19. La formation rennaise brille chez les Bleus, mais se retrouve dans une drôle de situation en club.

Le prêt, solution affichée…

C’est bien la complexité du problème pour Florian Maurice : comment continuer à développer les joueurs sans pouvoir leur promettre un temps de jeu ? « Si on a le sentiment de ne pas pouvoir donner de temps de jeu à untel, l’idée c’est de le prêter. » tranche le directeur technique pour Pleine Lucarne. « Pour moi, ces jeunes là depuis un certain temps, ils ont potentiellement les capacités à terme, de devenir titulaires au Stade rennais. L’espace-temps fait qu’ils ont faim, envie, et demandent. »

Cette saison, le SRFC a trouvé un étendard de cette stratégie en Matthis Abline. Bloqué dans la hiérarchie, sans temps de jeu durant la première partie de saison, l’attaquant s’est laissé convaincre par un prêt au Havre, en seconde partie d’exercice. Une réussite au regard de chiffres (16 matchs, 1223 minutes, 6 buts et 3 passes décisives) mais aussi de l’état d’esprit. Le Stade rennais récupère un jeune développé à un niveau intermédiaire pendant quelques mois, gonflé à bloc en confiance, et étoffé pour intégrer pleinement la rotation, tout comme Lorenz Assignon précédemment après son prêt à Bastia.

Un temps imaginé, la solution du prêt au HAC n’est « plus une actualité » pour Andy Diouf et Loum Tchaouna, en raison du changement d’organigramme au sein du club normand, confirme Maurice. Il faudra donc trouver un autre point de chute pour les deux joueurs, même si concernant Tchaouna rien n’est encore acté entre partir en prêt et rester une année de plus avec les pros, selon nos informations. L’attaquant pourrait attendre de voir s’il y a du mouvement dans son secteur au mercato, Florian Maurice ne prévoyant pourtant pas de changement en attaque pour le moment.

… mais limitée

Sans club antenne, solution qui pourrait s’avérer intéressante mais n’est pas d’actualité pour le SRFC, envisager un prêt pour des joueurs de la génération 2003 est logique. Mais quid des plus jeunes ? Cette année, Tchaouna, Diouf et Abline ont ou auront 19 ans, un âge où après avoir signé (et déjà prolongé) leur contrat professionnel, le temps de jeu reste primordial pour lancer pleinement sa carrière en pro. Une saison à évoluer avec les pros sans beaucoup jouer comme celle écoulée, est bénéfique pour le joueur certes. Mais pour le joueur comme pour le club, la renouveler s’avèrerait contre-productif, et c’est là qu’un prêt apparait être une solution. La problématique est tout autre concernant les 2005.

À seulement 17 ans, un prêt reste une solution difficilement envisageable concernant des joueurs pour lesquels le club formateur souhaite suivre l’évolution au plus près, et ne surtout pas risquer un échec en prêt. La réussite d’Abline est certes un beau modèle pour un jeune déjà aguerri, mais il convient dans le même temps de ne pas oublier ce qu’un prêt raté peut engendrer pour un jeune, notamment au niveau de la confiance. En ce sens, un prêt pour un très jeune joueur comme Tel, Belocian ou Doué semble être une opération risquée.

« L’idée avec les jeunes est de leur faire comprendre qu’on va tout mettre en oeuvre pour qu’ils aient un temps de jeu et soient satisfaits, que le club reste dans ses objectifs, et eux puissent progresser » résume Maurice, se voulant rassurant. « Ils auront l’opportunité de jouer. Jusqu’à la Coupe du Monde, on jouera quasiment tous les 3 jours. À eux d’aller chercher plus que ce qu’ils auraient souhaité au préalable. » Le directeur technique avoue aussi être « attaqué pour l’ensemble de (s)es joueurs aujourd’hui », y compris les pépites déjà très médiatisées malgré leur peu de temps de jeu dans le groupe pro, qu’ils intègrent de plus en plus jeune. Car c’est là aussi une donnée de l’équation : prêter un joueur signifie également l’exposer, et susciter chez lui des envies d’ailleurs. Le casse-tête est loin d’être résolu.

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