Super League : ce qu'en pensent nos joueurs

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Alors que le projet Super League menace de détruire la galaxie (football), les joueurs ne sont pas nombreux à s'exprimer sur le sujet.

Joel Glazer nous expliquait hier que le club avait bien pris soin de très peu communiquer sur le sujet. C'est toujours le cas aujourd'hui : pas de nouvel article sur le site officiel ou dans l'application du club, et rien sur le compte Twitter. Un silence assourdissant et à peine supportable pour nous autres supporters, alors que la planète football se déchaîne comme rarement auparavant.

Nos joueurs n'ont pas été nombreux à s'exprimer sur le sujet non plus, soit parce qu'ils n'ont pas d'avis, soit parce qu'ils doivent faire preuve d'une certaine réserve lorsqu'ils s'expriment au sujet de leur employeur. Nos anciens joueurs ont été plus nombreux à prendre la parole, ou à écrire le fond de leurs pensées sur les réseaux sociaux.

Dans notre effectif actuel

Hier, Bruno Fernandes a sans doute été le premier de nos joueurs à réagir, de façon suffisamment subtile pour que cela "passe crème". Il a repris sur Instagram un message de Daniel Podence, l'ailier droit portugais des Wolves et ancien coéquipier de notre meneur de jeu au Sporting, club avec lequel ils ont disputé ensemble la Ligue des Champions, en rajoutant la mention "Dreams can't be buy". On lui pardonnera aisément la faute d'anglais.

Les rêves ne peuvent être achetés.

Aujourd'hui, Marcus Rashfordrepris sur Twitter une image qui fait le tour des réseaux sociaux en ce moment, la fameuse citation du grand Sir Matt Busby, "Football is nothing without fans". Une citation ironiquement inscrite sur une bannière dans Stretford End.

Le football n'est rien sans ses fans.

Pour le reste, il faut aller chez nos jeunes joueurs pour voir quelques mots s'élevant contre cette nouvelle compétition. Dillon Hoogewerf, 21 apparitions cette saison entre les -18 ans et les -23 ans, pour 6 buts et 10 passes décisives, a publié une image avec une bannière "Created by the poor, stolen by the rich", et la mention "Rest in peace football", que nous ne prendrons pas la peine de traduire.

Créé par les pauvres, volé par les riches

Le milieu Arnau Puigmal, 20 ans, a également publié l'image avec la bannière, sans la mention "Rest in peace football".

Ça reste peu, pour le moment. Les joueurs ont cependant, d'après certains rapports, eu une réunion d'urgence avec Ed Woodward en ce début de semaine pour exprimer leur mécontentement.

Chez nos anciens joueurs

Le joueur mancunien qui s'est le plus longuement, et vertement, exprimé sur le sujet est sans conteste Gary Neville, double champion d'Europe et nonuple champion d'Angleterre avec les Red Devils, qui travaille aujourd'hui pour Sky Sports. Nous ferons un article à part reprenant ses déclarations, au vu de la quantité de celles-ci. Petit extrait en attendant.

Je suis un supporter de Manchester United depuis 40 ans, et je suis dégoûté, absolument dégoûté. Je suis surtout dégoûté par Manchester United et Liverpool. Liverpool dit qu'ils sont le club du peuple, "You'll never walk alone", le club des supporters. Manchester United, 100 ans d'âge, né grâce aux travailleurs d'ici, et ils se barrent dans une ligue sans compétition, dont ils ne peuvent pas être relégués ? C'est une disgrâce absolue et nous devons récupérer le pouvoir sur ces clubs. Cela inclut mon club. (...) Les propriétaires de ces clubs sont des imposteurs, Liverpool, Manchester City, Chelsea, ils n'ont rien à voir avec le football dans ce pays. (...) La motivation, c'est l'avidité. (...) Déduisez-leur tous les points que vous voulez, mettez-les en bas des classements en championnat, prenez-leur leur argent. Il faut agir.

Rio Ferdinand, qui est pour sa part consultant chez BT Sport, a également exprimé son mécontentement, dans la nuit de dimanche à lundi.

Pour moi, c'est une guerre contre le football. C'est une disgrâce, une humiliation, et ça va contre tout ce qu'est le football. Une ligue fermée pour les plus riches, juste pour une chose : plus d'argent. Les riches seront encore plus riches, et les autres ne seront pas considérés. Aucune considération pour l'histoire, pour les personnes qui font vivre cette pyramide du football au-delà des six qui essaient de s'en aller. C'est une honte, je ne peux même pas y croire. Comment peuvent-ils faire ça dans la situation que nous vivons aujourd'hui ? Il y a des gens qui galèrent dans la rue, dans le monde entier, et ils sont là, à faire des plans entre eux... C'est une honte. Que dire de la notion de compétitivité ? Pas de relégation, de promotion, être récompensé pour avoir gagné, être puni pour ne pas avoir gagné. C'est ce qui ajoute de la valeur à notre sport. On voit là que ces gens n'ont aucune idée de ce qu'est le football. C'est une pure transaction financière, c'est tout. (Sur les supporters) Les personnes qui rendent ce sport spécial ne sont même pas considérées. Les personnes qui ont décidé sont celles qui sont tout en haut, qui ont le pouvoir de décision, et qui n'ont consulté personne d'autre qu'elles-mêmes. (Sur Manchester United) J'ai honte. J'ai honte. Il y a eu tant de choses à dire sur les propriétaires depuis des années. Mais faire partie de ce groupe qui veut s'en aller, faire sécession, laisser tous les autres pour morts, c'est une honte. Je suis désolé, je suis un supporter de Manchester United, j'aime le club, mais je ne peux pas supporter cela.

The King Eric Cantona a également donné son avis sur Instagram ce mardi après-midi, que vous pouvez retrouver ici.

Je voudrais dire quelque chose au sujet de la Super League. Depuis un an, on a eu l'occasion de voir des matchs avec les meilleures équipes du monde, les meilleurs joueurs du monde, et c'est ennuyeux. Parce que les fans ne sont pas là, à sauter, chanter, supporter leur équipe. Les fans sont ce qu'il y a de plus important dans le football. Est-ce que les grands clubs ont demandé à leurs fans leurs avis ? Non, malheureusement, et c'est dommage.

David Beckham, que les supporters mancuniens ne pourront pas oublier même s'il est aujourd'hui président de club de l'autre côté de l'Atlantique, a également publié son avis sur Instagram.

Je suis quelqu'un qui aime le football. Cela a été ma vie, aussi loin que je me souvienne. Je l'ai aimé depuis que j'étais un gamin, en tant que supporter, et je suis toujours un supporter. En tant que joueur, puis en tant que propriétaire, je sais que le football n'est rien sans les fans. Nous avons besoin que le football soit pour tout le monde. Nous avons besoin que le football soit juste et que les compétitions soient basées sur le mérite. À moins que nous ne protégions ces valeurs, le sport que nous aimons est en danger...

Ander Herrera, désormais au PSG et en demi-finale de la Champions League, s'est pour sa part exprimé dans un message écrit sur Twitter.

Je suis tombé amoureux du football populaire, le football des fans, avec le rêve de voir mon équipe de cœur se battre face aux plus grands. Si la Super League se concrétise, ces rêves sont terminés, les illusions des supporters de ces équipes qui ne sont pas des géants de pouvoir remporter les plus grandes compétitions s'éteignent. J'aime le football et je ne peux pas rester silencieux à ce sujet, je crois en une Ligue des Champions améliorée, mais pas dans le fait que les riches volent ce que le peuple a créé, qui n'est autre que le plus beau sport de la planète.

Bastian Schweinsteiger, champion du monde en 2014 et joueur mancunien de 2015 à 2017, a été plus concis mais aussi clair.

Si cela se réalise, cela détruira le football, avec ses championnats nationaux tels que nous les connaissons, et c'est une pensée qui me rend très triste.

Nous conclurons avec Giuseppe Rossi, aujourd'hui sans club, 14 apparitions pour United entre 2004 et 2007, sur son compte Twitter.

Qui d'autre pense que cette m**** de Super League est une blague ? J'espère que tous les fans de football dans le monde se rendent compte des dommages que cela fait à notre sport. (...) Le niveau d'avidité de la Super League est sans précédent. Pourquoi ? Pour tirer plus facilement les ficelles. L'UEFA est avide aussi, mais ils restent plus en phase avec les valeurs de mérite qui permettent à chaque équipe de rêver. (...) L'UEFA doit progresser aussi. Des droits TV distribués équitablement entre les équipes ? Une limite sur le marché des transferts ? Quelque chose pour prendre le pouvoir à ces propriétaires qui s'en fichent du jeu, uniquement de leurs poches.

Crédit photo : Matt West