Pour Samuel Umtiti, il est à nouveau l’heure de danser

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Il y a deux ans, tout allait bien pour Samuel Umtiti. Depuis, son niveau, son genou et sa carrière sont en chute libre, à tel point qu’il n’a pas joué la moindre minute cette saison. Sur un siège éjectable à Barcelone, il devrait très bientôt faire son retour dans le groupe barcelonais, ce qui serait déjà une belle victoire pour lui. À 27 ans, il entre dans une nouvelle phase de sa carrière. 

Tout juste arrivé sur le banc du FC Barcelone, Ronald Koeman fait part de sa volonté de chambouler un effectif traumatisé. Suarez et Vidal étaient indésirables, Suarez et Vidal sont partis. Puig était considéré comme trop tendre, Puig ne joue plus. Umtiti était sur la liste des transferts et pourtant, Umtiti est encore à Barcelone. Ce n’est pas que le coach néerlandais ait changé d’avis, ça non. C’est tout simplement qu’aucun club n’a voulu prendre le risque d’attirer le défenseur central, à part peut-être son Olympique Lyonnais à lui, mais aux finances finalement trop limitées.

Il s’en est passé du temps depuis le 15 juillet 2018, date à laquelle Samuel Umtiti a gravé en lettres d’or la plus belle ligne qui puisse garnir un palmarès. C’est presque une nouvelle existence qu’il vit actuellement. En effet, depuis le Mondial russe, le joueur qui vient de fêter ses 27 ans n’en finit plus d’accumuler les pépins physiques, notamment au genou. Et lorsqu’il parvient à retourner sur le terrain le temps de quelques minutes, ses performances sont loin d’être à la hauteur de son niveau des années précédentes. Depuis la Coupe du monde, il n’est apparu que 39 fois sur les pelouses (33 fois avec Barcelone, 6 fois avec la France). Encore blessé au genou, « Big Sam » n’a plus joué depuis le 27 juin dernier. Une éternité. 

Première étape : revenir dans le groupe

Les frustrations, Umtiti les accumule. « J’ai pris cher. Ce que j’ai vécu par rapport à ma blessure, c’était dur, raconte-t-il au micro de CANAL+. Les deux dernières années sont les pires de ma carrière. À certains moments je ne voulais même plus descendre de ma chambre, parce que j’en avais ras le cul. » Oui mais voilà, le défenseur a fini par franchir le pas de sa porte. Depuis quelques semaines maintenant, le natif de Yaoundé est de retour sur les terrains de la Ciutat Esportiva Joan Gamper, le centre d’entrainement du FC Barcelone.

Un retour dans le groupe se profile enfin, d’autant plus que Ronald Koeman a grand besoin de renforts défensifs. Piqué et Lenglet, les deux titulaires, ne répondent plus vraiment aux garanties. Araujo blessé et Todibo prêté à Benfica, c’est Frenkie de Jong qui se retrouve obligé de dépanner dans l’axe en cas de pépins physiques ou de suspension de l’un des deux titulaires. « S’il est physiquement et mentalement bien, je vais compter sur Umtiti. Ça va aussi dépendre des performances de nos autres défenseurs », prévient le coach du Barca.

Deuxième étape : retrouver un physique fiable

Revenir dans le groupe, c’est bien, retrouver les terrains, c’est mieux. Et quand il a eu la chance de fouler le pré ces dernières années entre deux blessures, on ne peut pas dire qu’Umtiti ait donné satisfaction à ses coachs. Quand le physique bat de l’aile, la chute est rude. Le but de Mariano lors du dernier clasico avant la pause Covid parle de lui-même (0-2) :

Durant ces longues semaines de convalescence depuis sa énième rechute, l’international français (31 sélections, 4 buts) a travaillé. Beaucoup travaillé. « Il fallait limite que je recommence à zéro, explique-t-il. Pour moi c’est quelque chose de normal de travailler, de redoubler d’efforts, de faire des double-séances, d’en faire même plus que ce que je devrais parce que j’ai perdu du temps que je dois rattraper. »

Un autre facteur, plus original celui-là, est entré dans l’équation Umtiti : il est devenu vegan. Si l’alimentation est la base pour conserver une forme physique digne d’un sportif de haut niveau, le défenseur suit désormais un régime drastique. Exit la viande, le poisson ou le lait, bonjour le quinoa et les haricots. « Je me sens mieux, témoigne l’intéressé. J’ai perdu trois kilos, j’en avais besoin. Je ne me suis jamais senti aussi bien physiquement. » Comme Agüero ou Gnabry avant lui, Umtiti a fait ce choix de vie. L’avenir nous dira si c’est avec la même réussite que l’Argentin ou que l’Allemand.

Troisième étape : redevenir « El Coloso »

Ce n’est qu’une fois que le défenseur aura retrouvé une condition physique digne de ce nom qu’il pourra retrouver les qualités qui furent les siennes. Sa forte présence athlétique dans les duels, au sol ou aériens, passe inévitablement par une remise en forme. La remise en confiance sur le terrain pourrait lui permettre de retrouver sa qualité dans la relance et sa capacité à dépasser ses fonctions, en jouant parfois dans les 40 mètres adverses. Alors seulement, il pourra retrouver le plaisir de fouler la pelouse, maillot sur le dos, dans un grand stade (même vide), pour retrouver une complicité avec son compère en défense centrale. Ce n’est tout de même pas pour rien si en 2017, Mundo Deportivo le surnommait « El Coloso », en une de son quotidien.

Et ce compère pourrait être ni Piqué, ni Lenglet. Selon les dernières rumeurs, Koeman et la direction barcelonaise chercheraient toujours une porte de sortie à Umtiti dès cet hiver, dans l’optique de rapatrier Eric Garcia en Catalogne. Si son histoire barcelonaise semble arrivée à son terme, un retour en forme de Big Sam pourrait attirer les regards. Et peut-être celui d’un certain sélectionneur, qui aurait envie de reformer une charnière victorieuse en vue d’une compétition estivale. Mais ne nous emballons pas, Samuel Umtiti a encore beaucoup de chemin à parcourir. Il a lacé ses chaussures, pris son baluchon et repart à l’aventure. Que celle-ci soit belle.

Crédit Photo : Icon Sport