Mickaël Despois (Amiens Portugais) : « Avec Benoît, j’y vais les yeux fermés ! » | OneFootball

Mickaël Despois (Amiens Portugais) : « Avec Benoît, j’y vais les yeux fermés ! »

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Un an après un faux départ à l’US Camon, Mickaël Despois va bel et bien quitter l’AC Amiens lors de cette intersaison. A 32 ans, le milieu offensif a décidé de rejoindre l’Amiens Portugais, à la fois pour des raisons professionnelles et personnelles. Entretien.

Mickaël, qu’est-ce qui vous a motivé à l’idée de rejoindre les Portugais ?

Il y a quelques jours, j’ai signé en CDI pour un travail et ça devenait compliqué par rapport aux entraînements et aux matches le samedi. Au final, c’est la même chose que Miri ! Benoît est un ami depuis longtemps, on en avait déjà discuté auparavant et ça s’est fait naturellement. Je l’ai appelé et il m’a dit « oui » direct. Il fallait ensuite que je m’entende avec le président aussi. Mais ce n’est pas du tout un choix financier. L’envie de jouer est toujours là et j’ai envie d’aider le club à monter en sachant qu’il y a pas mal de bons joueurs dans l’effectif. J’espère que je vais m’éclater.

Vous allez retrouver beaucoup de joueurs que vous connaissez déjà…

C’est un club qui est à cinq minutes de chez moi, je connais pas mal de joueurs, j’ai joué avec pas mal d’entre eux. Ca va être cool mais il faut que la mayonnaise prenne. Ce n’est pas parce qu’on a des bons joueurs qu’on aura une bonne équipe.

Est-ce un vrai départ cette fois-ci ?

C’est officiel, oui ! Je suis allé voir Benoît à son bureau pour signer ma licence, j’ai prévenu le coach Azouz (Hamdane) en lui envoyant un message, j’ai appelé le président Rachid (Hamdane). Tout est ok, ils me laissent partir, on s’est souhaité bonne continuation et voilà. L’AC Amiens, ça a toujours été mon club de cœur, je vais suivre leurs résultats, c’est normal, et je ne leur souhaite que du bien.

Ce n’était pas la fin de l’aventure avec l’ACA, mais mon contrat de travail a tout accéléré.

Ce n’est pas votre premier départ…

Oui, mais ce n’était pas le même projet avant. Je suis marié depuis deux ans, le football c’est bien, mais là on m’a proposé un CDI et ça ne se refuse pas. J’ai 32 ans, je pense à mon avenir. Je peux encore jouer deux ou trois ans en National 3 mais avec le contrat que je viens de signer au travail, ça va être compliqué.

N’étiez-vous pas arrivé au bout de l’histoire avec l’AC Amiens ?

Non, je ne vois pas ça comme ça. Je me sens comme chez moi là-bas et sur le plan sportif, ce n’est pas ça du tout. Ce qui m’a fait mal, c’est le carton rouge (ndlr : contre Lille qui lui a valu sept matches de suspension). Ca a été une période très difficile parce que je n’avais jamais pris de rouge de ma carrière, c’était mon premier. Prendre sept matches, ça m’a stoppé deux mois et ça m’a fait mal. Ce n’était pas la fin de l’aventure avec l’ACA, mais mon contrat de travail a tout accéléré.

Ce n’est donc pas votre deuxième partie de saison difficile qui vous pousse vers la sortie ?

En revenant, j’ai eu une petite blessure à la cuisse. Il restait six matches, et je savais que ma saison était terminée. Ce n’était pas une grosse blessure mais rester deux mois sans jouer, il fallait que je refasse une mini préparation derrière et mentalement, c’était dur. Maintenant, j’ai la dalle, jouer me manque et j’ai hâte de reprendre mais surtout de commencer avec mes nouvelles couleurs.

Avec sans doute moins de pression sur les épaules…

Personnellement, je n’avais que de la bonne pression. Je ne vais pas arriver comme un sénateur en me disant que ce n’est que de la R2 sinon tu fonces dans le mur. Je vais préparer les matches comme si j’étais en N3. Il y aura des différences tactiques mais la préparation restera la même.

Vous vous devez de jouer les premiers rôles au classement…

On ne va pas se mentir, ce serait se foutre de la gueule du monde si on n’y arrivait pas. Avec l’effectif que l’on a, c’est tout à fait normal de prétendre à jouer les premiers rôles mais il faut que la mayonnaise prendre. Chacun a une bonne mentalité, ce sont tous des bons gars et cela va nous être utile. Connaissant Benoît, sa rigueur et son tempérament, je sais qu’il installe une bonne discipline. S’ils recrutent un joueur, ils regardent aussi s’il peut se fondre dans le collectif. J’espère que l’on va faire une bonne saison et on verra bien.

Qu’est-ce qui fait que Benoît Sturbois arrive à créer des liens aussi forts et à convaincre des joueurs comme vous, Ryan ou Miri de venir le rejoindre en R2 ?

J’ai joué avec lui à l’AC Amiens, je m’entendais très bien avec lui, c’était un super joueur. Il a un très gros caractère et quand on l’écoute, on a envie de tout donner sur le terrain. Benoît est très respecté comme Azouz, il faut être à l’écoute de ce genre de personne, il faut leur faire confiance. A l’époque, Azouz m’avait récupéré dans un état où j’étais proche d’abandonner le foot et ce que je suis devenu sportivement, c’est grâce à lui. Benoît a eu Azouz comme entraîneur également et il a dû apprendre beaucoup à ses côtés. Il a amené sa patte en tant qu’entraîneur par la suite. Je suis un peu dans la continuité.

Sans lui, on imagine que vous ne seriez pas là…

Sincèrement, oui. Avec Benoît comme entraîneur, j’y vais les yeux fermés. Avec quelqu’un d’autre, ça aurait été compliqué.

C’est toujours plus facile de s’intégrer dans le groupe quand tu connais les personnes. Ca fait gagner du temps.

Avez-vous des regrets de ne pas avoir signé à Camon l’an dernier ?

Non, pas vraiment. Je ne sais pas, je ne peux pas vraiment dire. Camon est un très bon club qui a tout mis en place pour que je vienne chez eux. J’ai suivi leurs résultats et ça a été compliqué alors qu’ils avaient une très belle équipe. Longueau était moins talentueux individuellement mais avait une plus grande force dans le groupe et le collectif. C’est ce qui a fait la différence.

Cela ressemble aux Portugais de l’AC Amiens maintenant…

C’est exactement ça, oui ! Il y avait déjà pas mal d’anciens d’Amiens Nord cette saison et là on me rajoute avec Miri. On peut nous appeler comme ça, ou les anciens de l’ACA ! J’ai discuté un peu avec Miri sur les réseaux, on s’est taquiné, on a rigolé. Il est content de mon arrivée. J’en ai parlé avec Mygan (Idez) et c’est cool. On se verra tous à la reprise et ça fait plaisir. C’est toujours plus facile de s’intégrer dans le groupe quand tu connais les personnes. Ca fait gagner du temps.

Combien de buts pensez-vous marquer ?

J’en ai parlé avec Benoît et franchement, je ne me fixe pas de nombre. Je suis quelqu’un qui aime bien faire jouer les autres mais je suis aussi adroit devant le but et quand je pourrai marquer, j’essayerai de le faire, mais faire marquer mes coéquipiers pour gagner, je signe tout de suite. Si je donne plus de passe que de buts mais que l’on gagne, ça me va. Je ne suis plus dans la mentalité de jeune où il faut absolument que je marque. Bien sûr que si je peux marquer, je le ferai parce que c’est toujours bien pour un attaquant, mais j’aime bien faire briller les autres.

Comment voyez-vous la suite pour l’AC Amiens ?

Depuis mon absence, et même parfois celle de Pierre (Slidja), le coach a réussi à trouver d’autres armes dans le jeu. Les attaquants défendaient, les résultats parlent pour eux parce qu’ils ont très bien fini. J’espère pour eux qu’ils retiendront ça dans leur entame de saison prochaine pour repartir sur les mêmes bases. En N3, il faut avoir un peu moins de jeu, être moins beau mais être efficace dans les deux zones. Il y a des choses qui me permettent d’être optimiste pour eux.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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