Lazio : Simone Inzaghi, l’architecte dans la tourmente

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Aux commandes de la Lazio depuis quatre ans, Simone Inzaghi impressionne saison après saison et des résultats plus que prometteurs. Âgé de 44 ans, le tacticien italien arrive à un moment charnière de sa jeune carrière d’entraineur. Avec en ligne de mire sa première participation sur un banc à la Ligue des champions.

Rome ne s’est pas faite en un jour

En avril 2016, lorsque Simone Inzaghi assure l’intérim après le licenciement de Stefano Pioli, rien ne le prédisposait à un tel succès. Alors que Marcelo Bielsa est attendu lors de l’été de la même année, un conflit éclate entre les deux parties. C’est donc Inzaghi, au CV vierge, qui voit son aventure prolongée sur le banc romain.

Quatre saisons plus tard, le pari s’est avéré payant. La Lazio retrouve le haut de tableau et remporte même une Coupe d’Italie en 2019, ainsi que deux Supercoupes en 2017 et 2019. Une équipe qui se montre ambitieuse, capable de regarder dans les yeux la Juventus. La saison dernière, la Lazio s’est imposée contre la Vieille Dame à deux reprises en trois matches. Une saison durant laquelle la bande à Ciro Immobile livre une course au titre effrénée avec la Juve et l’Inter, avant de craquer dans la dernière ligne droite.

Le grand architecte du renouveau de cette Lazio n’est d’autre que Simone Inzaghi. Très vite, il impose sa philosophie de jeu qu’il a travaillé notamment avec les catégories de jeunes du club. Adepte du 3-5-2, il fait de cette Lazio une équipe hybride. Capable de subir et procéder en contre ou bien de pratiquer un football de possession, la «prima squadra della capitale» (pour mieux comprendre ce surnom, c’est chez nos amis de Calciomio) devient l’une des attractions du championnat italien. Une progression aussi bien pour la Lazio que pour Inzaghi. Ce dernier a en effet énormément appris au fil des années. En quatre ans, son équipe se veut beaucoup plus sereine avec une plus importante maîtrise tactique. Le président Claudio Lotito s’est montré patient avec l’entraîneur romain, une patience nécessaire à son apprentissage et surtout rare dans le football actuel.

Sous ses ordres, des joueurs vont se révéler comme Luis Alberto, Joaquin Correa ou encore Sergej Milinkovic-Savic. D’autres vont se relancer, voire exploser comme Ciro Immobile. Le Soulier d’or européen 2020 revenait d’expériences décevantes du côté de Séville et de Dortmund. Lucas Leiva, qui rejoint le club en 2018, va lui aussi connaître une seconde jeunesse. Le milieu brésilien s’impose comme une valeur sûre dans un rôle de regista devant la défense.

Autre secteur à mettre en lumière : la défense. Longtemps cette dernière a été un handicap. Simone Inzaghi a énormément travaillé dans ce secteur avec dans un premier temps un recrutement judicieux (Acerbi ou encore Luis Felipe). Les progrès se sont fait ressentir la saison dernière. Les Romains dégageaient une grande sérénité défensive et les statistiques le démontrent. La Lazio n’a encaissé que 42 buts contre 46 en 2018-19, 49 en 2017-18 et 51 en 2016-17.

Simone Inzaghi a bâti en quatre ans une équipe conquérante, qui rejoue les premiers rôles dans ce championnat italien. Un tacticien prêt à mourir pour ses idées, sans jamais changer son fusil d’épaule.

Un début de saison irritant

Mais cette saison, Simone Inzaghi connait le pire démarrage depuis qu’il est à la tête de cette équipe. La Lazio pointe actuellement à la 14e place avec seulement 4 points. Les résultats ne rassurent guère, comme en témoigne la lourde défaite subit le week-end dernier sur la pelouse de la Sampdoria (0-3). Après le match, Inzaghi déclare : «Nous n’avons pas d’excuses pour cette défaite, prestation inacceptable (…) Je suis le premier responsable.» Le contenu est alarmant avec des joueurs en-dessous de leurs standards habituels. Au niveau de l’état d’esprit, la Lazio ne démontre aucune détermination avec des possessions stériles et sans inspirations. Les Biancocelesti ont inscrit 4 buts et en ont concédé 8 lors de ces quatre premières journées.

En plus de cela, les relations entre Inzaghi et son président Claudio Lotito sont tendues. Ce dernier garde en travers de la gorge la fin d’exercice 2019-20 où la Lazio a laissé filer les espoirs de titre, avec 5 défaites sur les 8 dernières journées. Les hommes d’Inzaghi terminent alors au 4e rang. Un résultat décevant tant les Romains ont tenu la dragée haute à la Juve. Rajoutez à cela ce début de saison sur la même lignée, et Lotito voit sa confiance envers son entraîneur fragilisée. De son côté, Simone Inzaghi reproche à son président le manque de moyens mis lors de ce mercato estival. Il estime que son président ne l’a pas écouté dans ses envies de recrutement.

La plaie entre les deux hommes existent, d’autant plus que le tacticien de 44 ans est en fin de contrat en juin prochain et qu’aucun accord n’a été trouvé pour une éventuelle prolongation. Ces dernières semaines, les quotidiens sportifs italiens dont Tuttosport évoquent même le nom de Massimiliano Allegri comme possible successeur.

Le déclic contre les Allemands ?

Ce mardi, en ouverture de la Ligue des champions, la Lazio a agréablement surpris. Elle obtient une précieuse victoire 3-1 contre le Borussia Dortmund. Les hommes d’Inzaghi ont réalisé une prestation XXL : solides défensivement, ils se montrer percutants sur leurs possessions notamment en première période. De plus, Luis Alberto et Correa ont retrouvé leur aisance technique et Immobile sa détermination. Le baptême d’Inzaghi dans la compétition est une réussite.

Cette victoire contre Dortmund a donné un bol d’air frais à Simone Inzaghi. Après ce succès, Igli Tare, le directeur sportif, s’est exprimé sur la situation actuelle entre l’entraîneur et la direction : «Je le dis et je le redis, Inzaghi fait partie de l’histoire de ce club (…) Ici c’est une famille, au moment opportun Lotito et Inzaghi se réuniront autour d’une table pour discuter du renouvellement.»

C’est en retrouvant le chemin de la victoire qu’Inzaghi pourra regagner la confiance de son président. En quatre ans, Simone Inzaghi a suffisamment prouvé qu’il était l’homme de la situation.

Crédit photo : LaPresse / Icon Sport