« Je suis arrivé en peu de temps à 200 000 euros pour un marabout » : Gilles Yapi-Yapo (ex FC Nantes) | OneFootball

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·28 septembre 2022

« Je suis arrivé en peu de temps à 200 000 euros pour un marabout » : Gilles Yapi-Yapo (ex FC Nantes)

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YAPI YAPO en 2005 lors de PSG / Nantes (Philippe Perusseau/ Icon Sport)

En interview dans Tout Le Sport, Gilles Yapi-Yapo est revenu sur une période compliquée de sa vie lorsqu’il a été victime d’un marabout.

« Me demander subtilement de sacrifier mon fils ? Pour moi, c’était trop »

La récente affaire de Paul Pogba, son frère et un marabout a mis en lumière l’importance des croyances et des marabouts dans le sport. Ces pratiques, plus courantes qu’on ne le peut l’imaginer, ont existé également au sein du FC Nantes. Gilles Yapi-Yapo, ancien milieu de terrain du FC Nantes (2003-2006), a expliqué à Fabien Leveque comment il est tombé dans le piège d’un marabout.

« Cela a commencé tout doucement par des petits investissements ou des petits sacrifices comme on dit dans le jargon. Sans m’en rendre compte, je suis arrivé en peu de temps à 200 000 euros environ. Au départ, si on m’avait dit tout de suite qu’il fallait sacrifier autant d’argent, je n’aurais pas accepté, je ne me serais pas engagé, ça s’est sûr. Je suis tombé dans un engrenage et tout doucement, sans le savoir, je suis arrivé à cette somme oui. »

Michel Denisot, ancien président du Paris Saint Germain, avait lui aussi révélé avoir fait appel à un marabout pour « aider son club » à gagner.

« La semaine du match, il ne voit rien puis deux jours avant, il me dit qu’il doit faire de nouveaux sacrifices et me demande environ 200 €. Il m’annonce que tout est éclairci : « Vous allez gagner 5-0, c’est sûr. Je vois tout le match, le quatrième but sera marqué par le numéro 18 à la 41e minute ». Dans l’après-midi, je croise Florian Maurice, qui était notre numéro 18, et je lui dis : « Tu vas marquer le quatrième but. » Et quand il marque dans un Parc en folie, il se tourne vers la tribune les bras au ciel en semblant se dire : « Mais c’est quoi ce truc ? » (rires) » – Michel Denisot pour l’Équipe

Gilles Yapi-Yapo, lui, a eu moins de chances que Michel Denisot. Outre les sommes mirobolantes demandées, l’ancien canari devait fait des sacrifices de plus en plus important. Une situation qui n’a absolument rien changé.

« Dans le monde du maraboutage, il faut savoir que l’on commence par des petits objets puis par des animaux un peu plus conséquents. Après on arrive sur des êtres humains et c’est là que ça devient compliqué et à ce niveau là ? Moi je n’avais pas la force d’aller plus loin. Déjà j’étais fatigué car cela a duré deux ans. Je tournais en rond et ma situation ne s’améliorait pas. J’étais fatigué financièrement aussi parce que j’ai dû piocher dans mes économies. À la fin, me demander subtilement de sacrifier mon fils ? Pour moi, c’était trop. C’était l’opportunité de mettre fin à tout ça. Malgré toutes ces sommes investis, je n’ai jamais eu la solution espérée. De mon côté ça n’a pas marché du tout donc. Mieux vaut épargner tout cet argent pour s’en servir du mieux possible plutôt que de le jeter à l’eau »

Morgan Lavergne.

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