EXCLU - Bakian : "L’OM, c’est une vraie religion à Marseille" | OneFootball

EXCLU - Bakian : "L’OM, c’est une vraie religion à Marseille"

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Auteur du single "Changer", Bakian est un véritable passionné de football et de l'OM, mais aussi de sport automobile. Trois passions qu'il vite à 200 à l'heure, et qu'il raconte des étoiles pleins les yeux à Onze Mondial.

Est-ce que tu peux te présenter pour les lecteurs de Onze Mondial qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Grégory Bakian, mais mon nom d’artiste, c’est Bakian. On voulait moderniser ma communication autour de ma musique et la nouvelle couleur musicale aux sonorités pop, rock, électro. J'aime m’inspirer de groupe comme Imagine Dragons ou Coldplay. À côté, étant né à Marseille, je suis forcément grand passionné de foot, mais aussi de sports automobiles.

Comment la musique est venue à toi ?

J’ai commencé la chanson à 13 ans, puis à 16 ans. J’ai remporté le concours « Graine de stars » sur M6, en terminant devant 500 candidats à Bandol. Dans le même temps, j’étais pilote de karting en compétition, aux débuts des années 2000. J’ai principalement arrêté à cause de raisons financières, car ce sport nécessite de gros investissements pour pouvoir espérer atteindre la monoplace, ce qui est en soi le but de tous les pilotes. J’ai arrêté en 2004 alors que j’étais sur le point d’attaquer le championnat BMW en Allemagne, l’équivalent de la Formule 4. Du coup, j’ai voulu percevrez dans la musique, en gardant mes convictions de sportifs : détermination, passion, le souci du détail. J’ai ensuite fait de la musique et du chant mon métier.

Comment définirais-tu ta musique ?

C’est de la pop/électro, avec sur scène une couleur assez rock. On peut aussi appeler ça cela de la variété. Il y a beaucoup d’inspirations. La variété, c’est quelque chose d’un peu plus classique, sans être péjoratif, car je suis un amoureux de la chanson française. Mais aujourd’hui, on a une nouvelle façon d’écrire, de nouveaux mots, et forcément, notre musique évolue. On a choisi de travailler avec une nouvelle équipe musicale, plus jeune. Des auteurs qui écrivent pour Louane, Slimane … j’ai pu voir avec mon premier single Changer lors d’un évènement à Nice que ma musique touchait à la fois des jeunes de 20 ans et des personnes d’une cinquantaine d’années voire plus. Ils n’ont pas été choqués par mon évolution musicale. On appréhende forcément le retour après un petit temps d’absence. L’accueil que j’ai pu avoir m’a beaucoup touché. C’est difficile de changer de couleur musicale, de savoir évoluer avec son temps, il faut savoir prendre des risques.

"Je suis passé par l’OGC Nice, j’ai fait les détections à l’OM"

Dans ta carrière musicale, le confinement a eu un rôle important, est-ce que tu peux nous en dire plus ?

Je suis quelqu’un qui essaie de ressortir le positif de situations négatives, et c’était le cas avec ce confinement. J’en ai profité pour me replonger dans ma musique, en écouteur énormément, recevoir les conseils d’auteurs, compositeurs, réalisateurs … Je me suis rendu compte que j’étais peut-être un peu jeune pour faire la musique que je produisais. Les radios, qui ne diffusent quasiment plus de variété française, cela a participé à ma réflexion. Il a fallu engager un questionnement, car pour remplir des salles, il faut être diffusé en radio. C’est là où je suis tombé amoureux de groupes comme Muse, Green Day, Coldplay, des artistes comme Pink … J’ai aussi à coeur de ne pas faire que des chansons « light ». Ce qu’on dit est important, la langue française est d’une richesse inouïe. Il faut en profiter

Quelles sont tes ambitions pour la suite musicalement ? As-tu des salles don tu rêves ?

Forcément, La Cigale, le Casino de Paris, ça fait partie de mes rêves, l’Olympia aussi, ça a une saveur particulière. J’ai une anecdote par rapport à ça. Plus jeune, j’ai perdu ma carte d’identité dans un concert, et j’ai reçu un courrier de l’Olympia avec ma carte dedans. Si un jour j’y passe, il faudrait que je retrouve la lettre ! Je peux vous dire qu’une belle salle parisienne est à l’étude pour octobre 2022.

En parlant de salle de rêve, on va pouvoir te voir lors d’une grande soirée foot à l’occasion des « Golden Foot » à Monaco. Pour un fan de football, ça fait quoi de se produire devant autant de grands footeux ? Du stress ?

C’est une fierté ! Ça sera forcément un peu particulier. Je suis dans la phase de préparation. J’ai déjà en tête ce que je vais donner. Je fais fis de l’environnement. Les joueurs, les légendes du football, le Prince Albert II Monaco … il y aura du beau monde. Mais avec un peu plus d’expérience, je ne me laisse plus submerger par les émotions face à un public particulier. C’était le cas avant. Aujourd’hui, c’est une fierté, car je suis un passionné de football. Mais je suis avant tout un professionnel, et je ne me laisserai pas dépasser par cela.

Avant de parler un peu de sport automobile, on va parler de ballon rond. Tu es fan de foot, tu as même joué chez les jeunes de l’OGC Nice et l’OM.

J’ai fait sept ans de football ! Je suis passé par l’OGC Nice, j’ai fait les détections à l’OM. Ce sont des épreuves difficiles, on a beaucoup de pression, j’ai un grand respect pour les jeunes qui arrivent à passer ces obstacles, car c'est un vrai challenge. J’étais plutôt ailier, avec un vrai talent de renard des surfaces, je sentais bien les coups, toujours dans l’anticipation. Ça me permettait d’être régulièrement dans les meilleurs buteurs de mon équipe. Je n’étais pas le plus talentueux, par rapport à mes prédispositions aux chants ou à la conduite. J’aimais le football, mais je n’avais pas forcément de facilité. J’ai terminé en DH à Toulon, dans l’équivalent de la Ligue 2 des jeunes, donc quand même un bon niveau. J’ai préféré embrayer sur le karting. Mais je n’ai pas lâché le ballon rond. J’ai passé des diplômes d’entraîneurs, bossé, à la ligue Méditerranée. C’est une immense passion.

"Les joueurs types « Ballon d’Or » ne sont pas forcément ceux qui me font le plus vibrer"

Quels souvenirs gardes-tu de ces périodes ?

Ce n’est pas de la déception, ni des regrets, mais beaucoup de bons souvenirs. Je manquais peut-être un peu de mental dans mon adolescence. J’ai eu la chance de jouer à un bon niveau, c’est déjà ça.

Et maintenant, tu es un grand consommateur ?

Je suis dangereux avec le foot (rires). Je peux bouffer jusqu’à 10-15 matchs par semaine ! Je suis fan de Leeds et Marcelo Bielsa, il m’a même appelé ! Je lui avais fait un courrier pour lui témoigner de mon admiration, de ce qu’il représentait, ses valeurs, etc. J’ai envoyé ça comme une bouteille à la mer, avec mon album dedans. Et un jour, je reçois un coup de téléphone d’Angleterre, et c’était lui. Il m’expliquait avoir bien reçu mon courrier. J’ai halluciné, j’ai commencé à avoir les larmes aux yeux, car j'ai une immense admiration pour ce qu’il a fait, à Leeds et ailleurs. On a pu échanger pendant une demi-heure, je m’en souviendrais pendant longtemps. Il m’a même invité à Leeds pour venir voir un match. Ça prouve la grandeur de l’homme. Son passage à l’OM nous a tous marqués à Marseille.

Quand on est originaire de Marseille, on n’a pas le choix d’être supporter de l’OM ?

L’OM, c’est une religion à Marseille, on a le coeur tatoué bleu et blanc. On est fier de ce club, de cette victoire en Ligue des Champions, même si le format de la C1 a changé depuis. Aucune équipe n’a gagné cette compétition par hasard. C’est la plus grande des coupes.

On sait désormais que tu es un grand fan de Bielsa. Y’a-t-il des joueurs qui t’ont aussi marqué ?

J’étais un grand fan de Ronaldo, le Brésilien, le plus bel attaquant de l’histoire du football selon moi. Au Vélodrome, j’adorais voir Fabrizio Ravanelli. Il se donnait, il était très généreux, j’ai eu la chance de le rencontrer par la suite. C’est quelqu’un de charmant, la classe à l’italienne. Il avait une patte gauche exceptionnelle, talentueux, renard des surfaces. J’aimais aussi bien Christophe Dugarry. Ce côté spectaculaire, bad boy … et puis j’étais supporter de l’OM ! Les joueurs types « Ballon d’Or » ne sont pas forcément ceux qui me font le plus vibrer. Un autre exemple : Marama Vahirua. Les gens ont l’habitude de citer Zidane, Nedved, Figo … j’étais plus attaché à d’autres profils. Aujourd’hui, forcément que j’admire Messi, mais ce sont les coachs qui m’impressionnent le plus. Comme ça, je pense à Christophe Galtier. C’est un métier extrêmement difficile, gérer des groupes, des personnalités, les batailles tactiques … On peut voir ce que Sampaoli a fait de Payet cette saison, c’est extraordinaire ! Je suis un romantique du football, j’aime les belles histoires, les profils particuliers. Un Cristiano Ronaldo, je l’admire, mais c’est Terminator !

Un joueur romantique que tu n'as pas cité, c'est Emmanuel Petit. Je crois que tu as une relation particulière avec lui !

Manu ... c’est un de mes coproducteurs, mais c’est comme un frère. On partage plus que de la musique, on a une relation très forte. C’est quelqu’un d’exceptionnel, qui s’est battu pour atteindre ses objectifs, rendre sa famille fière après le drame qu’il a vécu (il avait perdu son frère étant plus jeune, Ndlr). Ça lui a donné une rage de réussir. Il avait des qualités footballistiques énormes. Il débute en équipe de France à 18 ans avec Michel Platini, alors qu’on avait des Amoros, des Papin, des Cantona … c’est surréaliste ! Il savait tout simplement tout faire. En 1998, il a prouvé tout cela. Il est buteur, passeur décisif en finale. C’est sûrement lui le meilleur joueur de ce mondial, sa régularité a été exceptionnelle. En plus, il enchaîne avec l’Euro 2000, des grandes saisons avec Arsenal, 37 matchs avec le Barça … Désormais, il est associé du label Seiya Records. Il est coproducteur du nouvel album en préparation. Il fait même un clin d’oeil dans le clip qui sortira le 5 décembre prochain. Ce dernier a été tourné en Principauté de Monaco. C’est une relation professionnelle, humaine …

"J’ai pu côtoyer des Sebastien Vettel, des Romain Grosjean"

Ton autre immense passion, c’est le sport automobile …

La première fois que j’ai piloté à huit ans, c’était une véritable révélation. Ce premier contact avec un volant, des pédales, un moteur … c’est l’endroit où j’étais le mieux sur terre. C’est là où j’arrivais à extérioriser toute cette sensibilité, cette agressivité saine. J’ai rapidement senti que j’avais un talent. Je suis passé par l’école de karting d’Antibes où j’ai connu Jules Bianchi. C’était mon ami d’enfance, que j’aime de tout mon coeur (Jules Bianchi est décédé dans un accident de Formule 1 au Grand Prix du Japon en 2015, Ndlr). Il nous manque chaque jour. J’ai forcément une histoire particulière avec le sport automobile. Par la suite, j’ai pu côtoyer des Sebastien Vettel, des Romain Grosjean …

Tu as rapidement été mordu de compétition ?

Oui, cela a commencé en 2000. Des premiers trophées en 2003, finaliste de la Coupe de France à plusieurs reprises, des tops 10 … je suis même retenu pour participer au championnat de BMW en 2004, où j’aurais affronté Vettel. Mais je dois arrêter, car mon père ne peut pas me financer. On peut voir que Jean Alesi est obligé de vendre une F40 pour payer la saison de son fils. C’est un sport injuste, même Lewis Hamilton commence à s’élever contre cela. L’argent prend trop de place. Pierre Gasly, qui cartonne en F1 actuellement, je l’ai connu à une époque où il était à la recherche de sponsor, on parle de centaines de milliers d’euros.

Pas trop de regrets ?

Pas du tout. Ce genre de sport ne repose pas que sur le talent, on le sait. Il y a aussi l’entourage, la finance, la mécanique … il y a tellement de variables. À 12-13 ans, ça peut faire des budgets entre 150 000 et 200 000 euros. Comment voulez-vous qu’une personne lambda puisse se l’offrir. C’est réservé à l’élite de l’élite. J’aime ce sport, ça coule dans mes veines, mais je reconnais qu’il faut mettre des choses en place pour que les gens talentueux puissent mieux s’exprimer.

Pour conclure la parenthèse F1, quel est ton pronostic pour la fin de saison ? Max Verstappen ou Lewis Hamilton ?

Max Verstappen est assez incroyable cette saison. Quand il ne gagne pas, il termine deuxième. Il a une sacrée régularité. Pour le romantisme du sport, je serai tenté de dire que Lewis va faire son retard et remporter son huitième titre. La logique mathématique nous dirige forcément vers Max. Mercedes va les embêter jusqu’au dernier tour, on peut être sur de ça.

Tu fais de la musique, tu as pu jouer au football et côtoies aujourd’hui des professionnels et ex-professionnels, tu as pendant longtemps faire de la course automobile. Quelle est la voie la plus dure, le métier le plus difficile à atteindre ?

J’ai envie de te dire, celui dans lequel on a le moins de talent, et dans mon cas, c’était le foot (rires) ! Je dirai quand même que le métier de pilote est très dur. C’est un métier de fou. Je n’ai pas piloté de Formule 1, mais j’ai pu conduire de très bons karts, et c’est impressionnant déjà. Pour autant, si le métier de pilote est peut-être le plus difficile, le milieu le plus compliqué, c’est le show-business. Il n’y a pas forcément de justice dans ce milieu. En sport automobile, le plus rapide gagne, point. Ça n’est pas forcément le cas dans la musique. On peut faire le meilleur album, le plus beau morceau … ça ne marchera pas forcément. Il faut avoir beaucoup de réseaux. Il te faut plus qu’un mental d’acier.

Pour conclure, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Le plus de stream possible, les meilleurs chiffres, un grand succès pour le clip, repartir en tournée début 2022, annoncer bientôt une grande salle parisienne … et à terme ? Un Olympia, une réussite pour l’album, pourquoi pas être au NRJ Music Awards l’an prochain !

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