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·4 octobre 2022

ENTRETIEN / Ismaël Bangoura : « Rennes reste favori face au Dynamo »

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Il est le seul joueur à avoir évolué sous les couleurs du Stade rennais et du Dynamo Kiev. Passé sous les couleurs des Rouge et Noir en 2009-2010, Ismaël Bangoura s'est entretenu (...)

J’étais en vacances en Guinée au mois de juin. Je venais de faire une grosse saison, je visais haut, notamment l’Angleterre. Le président du Dynamo Kiev m’a appelé un matin et m’a dit « il faut que tu prennes l’avion et que tu viennes le plus vite possible. » Je lui réponds « Mais il y a une offre ? ». J’avais signé 4 ans et je n’avais pas fini mes vacances, il me répond que oui. À ce moment, je ne savais pas qu’ils préparaient le retour d’Andriy Shevchenko. J’ai tout compris en arrivant. Mais dans ma tête, je partais en Angleterre. Je rejoins l’équipe en stage en Autriche, et le président vient me dire qu’il y a une offre pour moi : le Stade rennais. À l’époque ils avaient une super équipe. Je me suis dit que j’allais faire une ou deux bonnes saisons là-bas et rebondir ailleurs. J’ai appelé ma famille pour leur annoncer, et je me suis dit que ce serait une nouvelle aventure. Je revenais en France, ça ne me dérangeait pas, je connaissais le championnat.

Que connaissais-tu de la Bretagne ?

J’y avais déjà joué en déplacement avec Le Mans. Je connaissais quelques joueurs formés au club contre qui on avait joué un match amical avec la Guinée une fois. Il y avait Jimmy Briand, Moussa Sow, Jirès Kembo-Ekoko, ou Sylvain Marveaux notamment.

Tes débuts se passent plutôt bien, avec notamment un beau premier but face à l’US Boulogne (3-0, le 08 août 2009).

Je suis arrivé, j’étais attendu. Je crois que j’étais l’un des plus gros transferts de l’époque, mais je ne m’en préoccupais pas. Ce qui m’intéressait c’était de prouver sur le terrain. Il y avait franchement un bon effectif. Peter Hansson, Kader Mangane, Rod Fanni, Carlos Bocanegra, Nicolas Douchez… À l’époque, Asamoah Gyan et Jimmy Briand étaient blessés ou revenaient juste. Quand j’ai vu l’effectif, je me suis dit « whaouh », je suis bien tombé. Avec des anciens comme Jérôme Leroy et Mickaël Pagis, à chaque fois tu apprends. J’ai eu la chance de tomber sur eux.

Tu ne passes pourtant qu’un an à Rennes. Pourquoi ?

C’est Frédéric Antonetti qui m’a fait venir, qui m’avait ciblé. Je fais un bon début de saison, et arrivé un certain moment, je me retrouve petit à petit sur le banc. Et ce n’était pas parce que je ne travaillais pas bien ou que je n’avais pas la qualité, que je ne marquais pas. Je commence à me retrouver un peu écarté de l’effectif. J’ai eu une discussion avec le coach, et avec Pierre Dréossi, et je leur ai dit que si c’était pour continuer comme ça, je préférais partir. Ça ne s’est pas fait facilement. Mon agent s’était mis d’accord avec un club de Dubaï, Al-Nasr. J’ai appelé Pierre Dréossi et je leur ai demandé de se mettre d’accord car je ne voulais pas retourner à Rennes pour rester sur le banc, si ce n’était pas parce que je n’étais pas performant ou que je ne travaillais pas bien. Si ça avait été le cas, pas de soucis. Mais là, dans cette situation, je préférais m’en aller. Les deux clubs se sont mis d’accord, je suis parti.

« Le derby, ça reste un match spécial »

Avant d’arriver à Rennes, tu évolues deux saisons au Dynamo Kiev. Comment as-tu vécu cette expérience ?

Pendant deux ans, j’ai appris beaucoup de choses là-bas. Au niveau du climat, en France certains matchs étaient reportés à cause de la neige, là-bas on jouait. C’était compliqué, il faisait très froid, mais je me suis adapté. Les Francophones m’ont beaucoup aidé. Je suis encore en contact avec Ayila Yussuf, Pape Diakhaté, Badr El Kaddouri. J’ai aussi échangé parfois avec Andriy Yarmolenko. J’ai passé deux superbes années, en étant meilleur buteur du club, on fait deuxième puis champion d’Ukraine. C’était super, j’y ai découvert la Ligue des Champions.

Tu as vécu à Kiev, où la situation est aujourd’hui terrible.

Oui, c’est terrible. Ça fait hyper mal de voir ce qu’il se passe. Je vois les images à la télé, ça fait mal au coeur.

Rennes retrouvera le Dynamo Kiev jeudi, c’est une rencontre que tu suivras ?

Ah ça c’est sûr ! Ce n’est pas un match à louper.

Le Stade rennais est-il différent de celui que tu as connu ?

Franchement, ça n’a rien à voir. Quand tu vois les joueurs qu’il y a, c’est un super effectif. Il y a tellement de jeunes, le directeur sportif Florian Maurice travaille bien. Je les suis tout le temps. Je pense qu’en championnat ils peuvent faire mieux, finir dans les 5 premiers. Contre le Dynamo, ça va jouer mais Rennes reste favori. Le match est en France, et Rennes à domicile, ils sont chauds, avec une belle ambiance. Je pense que Rennes gagnera.

Après ce match, Rennes recevra Nantes, un autre club dans lequel tu as évolué (2012-2016). Comment vois-tu cette rencontre ?

Nantes a perdu dimanche face à Monaco, et contre Rennes ce ne sera pas facile. Après un match de Ligue Europa jeudi, ça va être chaud (pour les deux équipes, ndlr). Ça va être un bon match.

Tu as joué le derby avec Nantes après avoir joué à Rennes (2 nuls, une défaite), c’est une expérience particulière ?

C’est génial, les derbys ne sont plus comme à l’époque où il y avait vraiment une tension. Mais ça jouait bien quand même, un bon football ! On fait 0-0 là-bas une fois (21 mars 2015, ndlr), à l’époque ils avaient Abdoulaye Doucouré au milieu, il devait avoir 20 piges. Le gamin, il courrait partout, il n’était jamais fatigué, on s’est dit « c’est qui ce joueur là ? ». On fait un bon match, on a souffert avec Nantes ce jour là. Ça reste un match spécial.

Tu es passé par plusieurs clubs ensuite (Al-Raed, Al-Batin, Mulhouse, Al-Taraji), où en es-tu aujourd’hui ?

Je suis à Paris avec ma famille, je suis à la recherche d’un club. Tant que je ne suis pas fatigué, encore une ou deux saisons et on verra (rires). À 37 ans, j’ai encore envie, le football c’est ma passion. J’ai des contacts, on verra.

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