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·25 octobre 2018

ENTRETIEN - Gelson Fernandes (Francfort) : "Je ne voulais pas quitter la Premier League"

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Vainqueur de la Coupe d'Allemagne dès sa première saison à l'Eintracht Francfort, Gelson Fernandes (32 ans) a décidé de poursuivre l'aventure malgré plusieurs offres en Ligue 1 notamment. Pour Goal, l'ancien Rennais est revenu sur son été mouvementé. Il dresse un tableau détaillé de son parcours jusqu'ici.

Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 10 février 2008 ?

Gelson Fernandes : Ouch. J'étais sous contrat avec Manchester City en Angleterre, à ce moment-là.


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C'est vrai, ce jour-là, il y avait le derby contre Manchester United à Old Trafford. Vous aviez gagné 2-1 et il y avait des joueurs comme Cristiano Ronaldo sur le terrain.

Ah, bien sûr. Je n'oublierai jamais ce jour-là. À l'époque, on avait joué avec en un maillot rétro et Benjani avait marqué le but de la victoire. J'étais jeune et je jouais pour la première fois à Old Trafford. Les légendes comme Edwin van der Sar, Ryan Giggs et Nemanja Vidic étaient toujours à United. Rio Ferdinand aussi. C'était un match incroyable.

À 21 ans, vous jouiez déjà en Premier League. Pourquoi ne pas être resté plus longtemps ?

Je ne voulais pas vraiment partir, mais Manchester City avait engagé trois nouveaux joueurs à mon poste avec Nigel de Jong, Patrick Vieira et Yaya Touré. Il n'y avait pas de place pour moi. Il n'était pas question pour City d'un départ dans un autre club anglais. C'est pour ça que j'ai fini en Ligue 1 à l'AS Saint-Etienne.

En Angleterre, en France, en Allemagne, au Portugal ou en équipe nationale, vous avez côtoyé de nombreux joueurs. Qui vous a le plus impressionné ?

J'ai rencontré beaucoup de gens formidables et d'excellents joueurs, mais Didi Hamann m'a particulièrement marqué pendant mon séjour à Manchester City. Il était très intelligent. Ce joueur avait de la personnalité, du charisme et était un vrai leader. Il a aussi été très important pour moi. Il m'a donné beaucoup de conseils qui m'ont aidé au cours de ma carrière.

Près de dix ans plus tard, vous avez joué à Francfort avec Kevin Prince Boateng. Quelle influence avait-il ?

Il était très important car c'était un leader, de par son expérience et ses qualités footballistiques. Que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire, nous nous sommes très bien entendus. Lui et moi, on s'est bien amusé et je pense qu'on retravaillera ensemble quelque part.

Que voulez-vous dire ?

Sous quelle forme, je ne sais pas encore, mais il est convenu que nous retravaillerons ensemble.


"Niko Kovac peut mener le Bayern sur le bon chemin"


L'entraîneur Niko Kovac est parti au Bayern cet été. Quel regard portez-vous sur les critiques dont il fait l'objet en ce moment ?

Il y a deux semaines, il était encore couvert d'éloges. Maintenant, il ne gagne pas quatre matchs d'affilée et c'est déjà le feu. Je peux imaginer ce ne soit pas facile, mais Niko Kovac sait ce qu'il veut et peut mener l'équipe sur le bon chemin.

Vous avez connu dix clubs en professionnel, pourquoi ne s'être jamais réellement installé quelque part ?

Avant de venir à Francfort, j'ai quand même joué trois ans à Rennes. Là, je dispute ma deuxième saison à l'Eintracht. Mais le football a changé et les transferts sont devenus monnaie courante. Pour être honnête, je n'ai jamais vraiment voulu changer de club. Je me suis toujours laissé guider par les propositions. J'aurais peut-être dû faire preuve de plus de patience parfois, mais c'est comme ça. J'ai aussi pu apprendre d'autres cultures, de nouvelles langues.

Pourquoi avoir quitté Rennes pour Francfort ?

L'entraîneur, Bruno Hübner et Fredi Bobic m'ont parlé de leur projet à l'époque, et j'ai rapidement décidé d'accepter. En plus de ça, avec mon passage à Fribourg, je savais à quoi m'attendre. J'en ai quand même parlé avec Pirmin Schwegler, Christoph Spycher et Haris Seferovic et ils ont tous dit de bonnes choses sur Francfort et les supporters, qui ont été exceptionnels la saison dernière après la finale de coupe et lors du match de Ligue Europa contre la Lazio.

Que vous inspire cet atmosphère générale ?

Le potentiel de ce club est incroyable. Tout simplement. Aussi sur la place, on a eu ce qui se passe dans les tribunes. C'est synonyme de tradition et de passion.

Vous parlez sept langues. Avez-vous un rôle d'interprète au sein du club ?

Nous avons aussi des traducteurs, mais j'aime bien aider les garçons, même si je pense c'est très important que chaque joueur apprenne à parler allemand. Sur le long terme, je ne vais pas les aider si je traduis à chaque fois. Il faut savoir aller chercher les infos par toi-même.

Cela donne-t-il une ambiance particulière dans le vestiaire lorsque les différentes cultures se mélangent ?

Il peut arriver qu'il y ait six langues différentes qui soient parlées dans le vestiaire. Mais quand on se rend compte que ça dégénère, on essaye de parler allemand pour que tout le monde se comprenne.


"Je n'arrêterai pas tout de suite"


Vous êtes professionnel depuis 14 ans maintenant. Comment jugez-vous cette évolution ?

Pendant tout ce temps, le foot a lui-même évolué. C'est une première chose. Aujourd'hui, tout va beaucoup plus vite. Il y a plus de pression sur les joueurs et les entraîneurs. Ce n'était pas toujours le cas à l'époque. Tout a énormément changé, les affaires par exemple. Il y a deux semaines, on a parlait et je pense que c'était plus facile d'être un joueur de football professionnel il y a 20 ans comparé à aujourd'hui.

Les jeunes joueurs sont-ils plus respectueux envers les anciens ?

Oui, mais c'est aussi parce que les anciens n'étaient pas forcément sympas avec les plus jeunes. J'ai vu des joueurs en colère voire offensés parce qu'un jeune joueur arrivait dans l'équipe. Certains ne voulaient même pas serrer la main du petit nouveau. Aujourd'hui, c'est un peu différent.

Cinq de vos cousins ont aussi choisi le foot, dont le jeune Edimilson (22 ans), qui est prêté à la Fiorentina par West Ham cette saison. Lui donnez-vous quelques conseils ?

Bien sûr, j'ai une bonne relation avec lui et je le soutiens partout, dès que je peux. J'ai eu beaucoup d'expériences dans ma carrière et j'essaye de lui donner le plus de conseils possibles. C'est un grand talent qui a déjà joué avec l'équipe nationale. Mais il doit encore travailler dur pour passer un cap.

De votre côté, pourquoi être resté à Francfort l'été dernier ?

J'ai eu de bonnes offres, avec des contrats de deux ou trois ans en France. Mais après discussion avec Fredi Bobic et Bruno Hübner, j’ai annoncé que je voulais rester à Francfort à condition d'être utile et de continuer à aider les garçons. Ma famille se sent bien ici, alors pourquoi partir au bout d'un an ?

Quelles sont vos projets pour la suite ?

La seule chose que je veux, c'est la santé. J'espère que mes genoux vont tenir et que je pourrais marcher sans douleur avec mes enfants, même après la fin de ma carrière. (rires)

L'Eintracht sera-t-il votre dernier club en professionnel ?

Je suis sous contrat jusqu'à la fin de la saison. Je ne sais pas encore ce qui va se passer. Mais pour moi, il est clair déjà que je n'arrêterai pas tout de suite.

Propos recueillis par Robin Haack