Edito : La fin d’une époque, le début d’une nouvelle | OneFootball

Edito : La fin d’une époque, le début d’une nouvelle

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Le Petit Lillois

Il était temps que cette saison 2021-2022 se termine. Sur le terrain, les ambitions avaient de toute façon disparu depuis longtemps. Mais c’est une page de l’histoire du LOSC qui se tourne sûrement. Maintenant, il faut construire la suite.

Le 23 mai 2021, le LOSC battait Angers 2 buts à 1 et devenait champion de France. Les rues de Lille étaient envahies par les supporters le soir même. Le lendemain, le bus à impériale défilait avec le trophée dans toute la ville. Une fête inoubliable. Le 21 mai 2022, le LOSC a clôturé sa saison à la 10ème place de Ligue 1. Le tout dans un anonymat général, avec pour seul enjeu de fin de saison d’être l’arbitre pour les places européennes de rivaux avec qui il aurait dû lutter. Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas dans le football, et le LOSC en est sûrement le plus bel exemple cette année. On a gardé les mêmes protagonistes ou presque, mais le résultat final ne pouvait pas être plus différent.

C’est donc définitivement la fin d’une certaine époque du LOSC. Elle aura commencé en 2017 avec le rachat du club par Gérard Lopez. Du scénario catastrophe et le maintien in extremis en 2018 aux foudres de la BIP BIP en 2019, à la saison tronquée par le Covid aux progrès en Coupe d’Europe. Aux jeunes si prometteurs passés sous nos couleurs comme Gabriel ou Rafael Leao. Aux vétérans qui les auront accompagnés tout ce temps, de Loïc Rémy à José Fonte. A ceux qui auront tellement incarné l’esprit de ce club, comme Benjamin André, Reinildo ou Mike Maignan. Et évidemment, ce titre de champion, un rêve devenu réalité, dix ans plus tard. Ces quatre dernières saisons auront été spéciales mais dangereuses.

Alors, il fallait une belle célébration hier, pour fêter le départ de Jérémy Pied, Xeka et Burak Yilmaz. Si le premier n’a quasiment pas joué ces deux dernières saisons, pour les deux autres, c’est bien différent. Le Portugais aura toujours été un joueur clé de la rotation ces quatre dernières années. Dans un statut parfois assez flou, rarement titulaire indiscutable mais jouant au moins quelques minutes presque tous les matchs. Dès qu’il était sur le terrain, il ne se cachait pas. Le Kral, malgré un exercice 2021-2022 calamiteux, restera à tout jamais l’homme du titre. Ses buts venus d’ailleurs auront fait se lever toute une ville de semaine en semaine. S’il y en avait que pour lui aux célébrations avec les supporters l’année dernière, ce n’est pas pour rien. Merci, Burak.

Un projet à reconstruire

Mais maintenant, il n’y a plus d’excuses. Le titre, c’est fini. Plus de problèmes de digestion acceptés. Plus la moindre tolérance pour les joueurs non concernés. La fin de saison aura déjà été suffisamment longue et humiliante pour tous. Le premier responsable est évidemment l’entraîneur, Jocelyn Gourvennec. Ses conférences de presse marquées par les « petites choses qui manquent » ou les « on fait une très bonne saison » en auront agacé plus d’un. Sa communication aura toujours été en décalage avec les ambitions que doit avoir le LOSC. La progression de l’équipe aura été quasi nulle au fil de la saison. Combien de matchs cette saison, Lille aura été inexistant, ne proposant que le néant offensivement. Ca ne peut pas continuer comme cela.

Mais attention, Jocelyn Gourvennec n’est évidemment pas le seul responsable de l’échec de cette saison. Oui, la campagne de Ligue des Champions aura enfin permis de mettre un peu de respect sur le nom du LOSC en Coupe d’Europe. Mais il n’empêche que les nombreuses inquiétudes qui s’étaient levées à son arrivée au poste d’entraîneur se sont révélées justifiées. Il n’avait pas les épaules suffisamment solides pour ce poste. Lille s’est peut-être habitué à de très grand ces dernières saisons. Et tant mieux. Car une dixième place de Ligue 1 en tant que champion en titre n’est rien d’autre qu’un échec saillant, que rien ne peut justifier.

La saison 2022-2023 devra donc être celle d’un renouveau. Si cette année, le LOSC d’une époque désormais révolue aura joué les prolongations, beaucoup de choses vont devoir changer. Dans l’effectif déjà, avec de nombreux départs, bien sûr. Mais les ambitions de certains joueurs vont sûrement se confronter à la réalité de leurs performances de ces derniers mois. Avant de penser à rejoindre un cador européen, il faut déjà être performant chaque week-end dans son club.

L’optimisme est à trouver dans les derniers arrivés. Les recrues sont presque toutes parmi les plus grandes satisfactions de la saison. Amadou Onana, Edon Zhegrova et Gabriel Gudmundsson ont sûrement tous les trois gagné leur place de titulaire dans le XI de l’année prochaine. Angel Gomes a montré de belles choses par intermittence, et doit encore gagner en régularité, mais il sera sûrement un joueur très souvent utilisé. Il y a une base solide sur laquelle s’appuyer dans cet effectif, à l’image de la prolongation de contrat de José Fonte. Notre capitaine n’a pas fait sa meilleure saison. Mais son leadership et son sérieux doivent permettre de mener la transition nécessaire pour notre club.

Beaucoup de choses sont à repenser sur le terrain et en dehors pour l’année prochaine, et des choix vont devoir être faits. Olivier Létang devra les porter et les assumer, pour construire une équipe compétitive et concernée. Pour les propriétaires, les performances sportives de notre club ne les intéresse sûrement que pour leur impact sur le bilan comptable ou les valeurs marchandes des joueurs. Mais pour les supporters et tous ceux qui aiment ce club, une fin d’année comme celle-ci est un long chemin de croix à ne jamais vouloir revivre. Alors, c’est une page de l’histoire du club qui se termine sûrement. Les succès auront été beaux ; les émotions, très fortes. Mais maintenant, rendez-vous pour la suite.

Timothée Barnaud

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