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Corée du Sud – K League 2021 : bilan de la saison

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Lucarne Opposée

En 2021, la K League a suivi sa feuille de route des années précédentes à savoir réserver le duel pour le titre à deux équipes avec, inlassablement, la même issue. La trente-neuvième édition du championnat terminée, il est temps de faire le bilan.

Jeonbuk : inarrêtable

Neuvième couronne, cinquième titre consécutif : Jeonbuk a complété son objectif de l'année et reste toujours au sommet de la pyramide du football sud-coréen. Pourtant, comme en 2019 avec le départ de Choi Kang-hee et l'arrivée de José Morais, il pouvait être attendu un certain ralentissement du club à la suite de la nomination de Kim Sang-sik sur le banc. Ce dernier s'est bien plus inspiré de José Morais que de Choi Kang-hee en proposant un jeu pragmatique, reposant sur assise défensive solide et se voulant très efficace offensivement. Ajouter à cela une profondeur d'effectif qui permet de répondre à toutes les situations et la recette pour devenir champion est complète. Tout au long de la saison, Jeonbuk ne s'est jamais affolé et est resté serein même lorsqu’Ulsan comptait jusqu'à sept points d'avance. Comme si les Green Warriors connaissaient la propension de leur concurrent à ne jamais concrétiser les occasions qui lui sont offertes.

Outre le jeu proposé, la saison de Jeonbuk ne semble pas avoir connu de gros point noir. A la différence de 2019, les recrues ont globalement apporté satisfaction et les ajustements en cours d'année ont accentué la force de frappe du club. Chaque joueur à son poste a répondu aux attentes lorsqu'il était sollicité dans cette saison à la cadence folle. Néanmoins, sur les ailes, Lee You-hyeon n'est pas parvenu à donner pleinement satisfaction sur le côté droit, notamment lorsque Lee Yong était blessé. Passons également sous silence ses quelques prestations à gauche, qui n'est pas son poste de prédilection. Un côté où la solution a été trouvée en cours d'année en faisant revenir Kim Jin-su, qui s'est imposé sans problème mais qui possède toujours les mêmes faiblesses défensives qui auraient pu couter cher à Jeonbuk dans la course au titre. Au milieu, Choi Young-jun a réalisé des prestations solides jusqu'à l'été avant de disparaître des radars pour la fin d'année. Mais Ryu Jae-moon et surtout Paik Seung-ho, sont parvenus à le remplacer. Paik Seung-ho a pour sa part pris le contrôle de l'équipe faisant oublier Son Jun-ho. Sans contestation possible, la meilleure recrue de cette année pour le champion de Corée du Sud. Dans le milieu à trois, il y avait également l'embarras du choix avec Lee Seung-gi, Kim Bo-kyung ou encore Takahiro Kunimoto. Des problèmes que beaucoup de clubs voudraient avoir. En attaque, Kim Sang-sik s'est permis de faire tourner avec les joueurs à sa disposition que ce soit au poste de n°9 avec Gustavo et Stanislav Iljutcenko, qui terminent tous les deux avec quinze buts, ou sur les côtés. À ces potes, Han Kyo-won, Modou Barrow ou encore Moon Seon-min, revenu du service militaire, se sont relayés en compagnie de Song Min-kyu, lui aussi venu compléter la ligne offensive en cours de saison. De quoi montrer que Jeonbuk est toujours aussi attractif. Et comment ne pas souligner la saison de Hong Jeong-ho, capitaine exemplaire et véritable mur en défense centrale accompagné tantôt de Kim Min-hyeok tantôt de Ku Ja-ryong. L'ancien défenseur international a été récompensé en recevant le trophée de meilleur joueur de la saison par la K League. Mérité et une première pour un défenseur depuis Kim Joo-sung en 1997.

Finalement, là où Jeonbuk peut être critiqué c'est sur sa gestion de ses joueurs U22 qui n'ont eu que des miettes à se mettre sous la dent dans le cadre du règlement de la K League. Une solution a été trouvée avec Song Min-kyu cet été mais celui-ci n'entrera plus dans la catégorie U22 l'an prochain et le champion de Corée du Sud aura le devoir de trouver de jeunes joueurs qui apporteront un plus. Soit par son académie soit sur le marché des transferts. Tout du moins, l'intersaison de Jeonbuk s'annonce assez calme et l'an prochain devrait se faire dans la continuité. Même si les Green Warriors devraient se pencher sur leur défense afin de trouver des remplaçants à ses ailiers vieillissants.

Ulsan : encore raté, saison 2

1988, 1991, 1995, 1998, 2002, 2003, 2011, 2013, 2019, 2020 et 2021 : dixième deuxième place pour les Tigres d'Ulsan et troisième de suite. Comme les années passées, Ulsan a craqué sur la fin, notamment lors de la finale face à Jeonbuk avec une défaite à la dernière seconde. Pourtant, tout semblait bien parti, encore une fois. Pour rappel, Ulsan comptait sept points d'avance sur Jeonbuk après vingt-huit matchs. En début d'année, Hong Myung-bo avait fixé toute son attention sur le championnat, en en faisant son objectif prioritaire. Et comme l'an dernier, le jeu était attractif et les recrues répondaient aux attentes. L'entraîneur et les joueurs changent, mais le mental et la peur de gagner restent, comme une malédiction qui pèse sur le club. Si la déception est grande, tout n'est pas à jeter. Jo Hyeon-woo a encore été très bon dans les buts, la paire Kim Kee-hee – Dave Bulthuis a été présente et plus solide qu'auparavant, Kim Tae-hwan a fait le travail sur son côté droit alors que Seol Young-woo a gagné en constance sur la gauche au point de reléguer Hong Chul sur le banc. Au milieu, Yoon Bit-garam a poursuivi sur sa lancée avec néanmoins une petite baisse de régime tout comme Won Du-jae qui a confirmé à demi-mot son année 2020 au contraire de Lee Dong-gyeong qui a ébloui la saison. De même que Lee Dong-jun sur son côté droit qui termine meilleur buteur du club avec onze réalisations. Il a parfaitement réussi son saut dans le haut niveau sud-coréen. Mais le voir terminer meilleur buteur de l'équipe souligne parfaitement les problèmes d'Ulsan à remplacer Junior. Lukas Hinterseer n'est resté que six mois pour seulement six buts avant de retourner en Allemagne, alors que Kim Ji-hyun (un but) n'a pas satisfait Hong Myung-bo qui l'a relégué sur le banc voir en tribune. C'est finalement Oh Se-hun, de retour du service militaire en cours d'année, qui a réussi à faire l'affaire avec sept buts inscrits après une période d'adaptation compliquée. Prometteur pour l'année prochaine. Prometteur également, Kim Min-jun sur l'aile qui, à vingt-et-un ans, a surpris tout le monde pour ses débuts en professionnel à la différence d'un Kang Yoon-gu qui a disparu très tôt dans la saison, sans doute encore trop jeune pour le haut niveau. Comment ne pas citer également Valeri Qazaishvili, très remuant et précieux dans les moments importants tout comme un Lee Chung-yong qui s'est imposé comme un taulier dans cette équipe. Revenu en Corée du Sud après un passage en France manqué, Yun Il-lok a permis à Hong Myung-bo de posséder une nouvelle carte dans sa rotation qui s'est avérée précieuse pour reposer des organismes mis à rude épreuve.

Encore et encore des louanges pour les joueurs et le jeu d'Ulsan. Et toujours les critiques concernant le mental de cette équipe. Comment le régler ? En gagnant le championnat en 2022. Il n'y a pas d'autre solution. Hong Myung-bo est déjà sous pression et n'aura pas le droit à l'erreur. L'intersaison s'annonce mouvementée avec des joueurs qui ont ou devraient quitter l'équipe comme Dave Bulthuis, Lee Dong-jun et Kim Ji-hyun, tous les deux pressentis pour le service militaire. Kim Young-gwon, défenseur central international, a déjà été recruté en provenance du Gamba Osaka et ne devrait pas être le seul à poser ses valises à Ulsan.

Daegu : une saison historique !

Le petit club citoyen fondé en 2002 est devenu grand et a achevé sa mue ! Toujours placé ces dernières années dans une progression constante, Daegu a signé sa meilleure performance en K League grâce à sa troisième place, enregistrant par la même occasion une nouvelle qualification en Asian Champions League. Les Sky Blues ont ainsi remporté le championnat des autres, loin derrière le duo JeonbukUlsan (vingt et un et dix-neuf points de retard tout de même). Pourtant, personne ne donnait cher de la peau de Daegu après un hiver étrange et de nombreux départs non remplacés. Il faut aussi dire que les recrues du club n'ont pas été une réussite que ce soit au poste de gardien de but où la succession de Gu Sung-yun a été compliquée à trouver pour finalement faire confiance à Choi Young-eun mais également en attaque avec un Park Gi-dong aux abonnés absents avec seulement deux apparitions alors que le milieu Serginho ne s'est pas adapté à la Corée du Sud et est retourné au Japon en cours d'année. Mais Lee Byung-geun a réussi à confirmer en tant qu'entraîneur en se révélant un bon meneur d'hommes plutôt qu'un grand tacticien. Comme les années précédentes, Daegu a pu se reposer sur ses hommes de confiance à savoir son duo Cesinha – Edgar toujours aussi important alors que le polyvalent Kim Jin-hyuk, de retour de service militaire, a dépanné en défense et en attaque avec toujours la même réussite. En défense, Jeong Tae-wook a été solide tout comme Kim Jae-woo alors que Hong Jeong-un a enfin pu jouer toute la saison et été un renfort de poids. Autre satisfaction, celle de Jeong Seung-won sur son aile malgré des tensions avec le club qui devraient le pousser dehors l'an prochain. Au milieu, le trio Tsubasa Nishi, Hwang Soon-min et Lee Yong-rae a tenu la maison sans éclat mais avec efficacité.

Une très bonne saison pour Daegu qui a su tirer son épingle du jeu derrière les deux grands. Le club a parfaitement négocié son positionnement sur les deux tableaux (K League et Asian Champions League) mais enregistre tout de même une grosse désillusion avec cette défaite en finale de la FA Cup face à Jeonnam alors que le trophée lui tendait les bras. L'intersaison est déjà mouvementée pour les Sky Blues puisque Lee Byung-geun a décidé de quitter l'équipe, faute d'accord avec la direction pour une prolongation. Pour le remplacer, l'ancien assistant de la Corée du Sud (2011) et entraîneur de Buriram (Thaïlande), le Brésilien Alexandre Gama a été nommé. Il faudra également renforcer l'équipe et combler des départs qui semblent déjà actés comme celui de Jeong Seung-won. Si Daegu souhaite rééditer son exploit, il faudra être intelligent sur le marché des transferts sans oublier qu'il s'agira d'une nouvelle saison avec Asian Champions League.

Jeju : signé Nam Ki-il

Quelle saison de Jeju terminée à la quatrième place, à un rien de la place qualificative en Asian Champions League. Une belle année à mettre au crédit de Nam Ki-il qui a poursuivi le travail entamé en K League 2 l'an dernier et qui a cette capacité à faire briller les joueurs en les mettant dans les meilleures conditions. Alors certes Jeju n'est pas la plus belle équipe à regarder, mais elle est redoutablement efficace et bien en place. Tout est calculé par son entraîneur et gare à ceux qui ne respectent pas les consignes. Le collectif est très bien huilé et ça suffit aux bonheurs des insulaires. Comment ne pas souligner les performances de Joo Min-kyu qui a retrouvé une seconde jeunesse en terminant meilleur buteur de K League 1 avec vingt-deux buts au compteur. Lee Chang-min, capitaine de l'équipe, a également été rayonnant au milieu nous replongeant quelques années en arrière. Ahn Hyun-beom et Jung Woo-jae ont parfaitement animé les ailes alors que la défense à trois a tenu le choc (troisième meilleure défense de la ligue). La recrue Gerso Fernandes s'est elle aussi parfaitement acclimatée au championnat en étant très remuante sur le front de l'attaque ce qui ne fut pas le cas du polonais Zawada qui n'a disputé que dix petits matchs. À souligner également la très belle saison de Kim Bong-soo pour sa première année au plus haut niveau dans l'entre jeu. Jeju a connu plusieurs satisfactions et s'en voit récompensé.

Pour l'an prochain, Jeju devra poursuivre sur sa lancée en essayant de conserver ses meilleurs éléments malgré le fait que Lee Chang-min est pressenti pour rejoindre l'armée. Il faudra également faire attention à la troisième saison de Nam Ki-il en charge de l'équipe, l'homme ayant tendance à user ses joueurs et ne pas s'inscrire dans la durée. Mais si tout reste en place, avec quelques ajouts bien sentis, Jeju pourrait retrouver son statut de place forte du football sud-coréen et décrocher une place en Asian Champions League.

Les grands clubs absents, les promus se sont engouffrés dans les places laissées libres. Comme Jeju, Suwon FC a réalisé une saison au-delà des attentes. Souvenez-vous, le club changeait l'intégralité ou presque de son effectif pour amorcer sa seconde saison en K League 1. Tout résidait donc dans les capacités de Kim Do-kyun à faire jouer tout ce petit monde ensemble. Il a fallu du temps pour y arriver puisque Suwon a connu quatorze journées dans les bas-fonds du classement avant de prendre son envol. Bien emmené par un duo composé de Murilo et Lars Veldwijk, sans oublier les apports de Yang Dong-hyen, Cho Yu-min, Lee Yong-jae ou encore Jeong Jae-yong et Han Seung-gyu en sortie de banc, le promu a refait son retard avant de dépasser ses adversaires. Suwon FC s'est avéré être un poil à gratté pour tout le monde en 2021. Néanmoins, à vouloir jouer vers l'avant, Suwon FC a terriblement souffert défensivement et termine moins bonne défense de la ligue. Les recrues comme Yun Young-sun (seulement six matchs) et Park Ji-soo ont été des échecs. Ce dernier accumulant les erreurs match après match avant son départ au service militaire. Suwon a donc dû trouver une solution et elle est venue de l'Australien Lachlan Jackson qui n'a pas tardé à s'imposer aux côtés de Kwak Yun-ho (première saison en professionnel) et d'un troisième comparse en rotation dans la défense à trois. Dans les buts, Park Bae-jong et Yoo Hyun se sont relayés pour essayer de colmater les brèches avec plus au moins de réussite. Le point à retravailler pour la saison prochaine est tout trouvé.

L'année 2022 sera celle de la confirmation pour Suwon FC et passera par une intersaison réussie, notamment en défense. Sur le plan de l'attaque, Lee Seung-woo viendra renforcer un secteur qui conservera Murilo et Lars Veldwijk mais qui perd Lee Yong-jae, en partance pour le service militaire. Mais une chose est certaine, avec ce qu'a proposé Kim Do-kyun cette année, il ne fait pas de doute que Suwon FC sera toujours aussi excitant à voir l'an prochain avec, nous l'espérons, une réussite similaire.

Les Bluewings ont enfin réussi à accrocher le top 6 et pouvaient espérer mieux sans cette pause estivale qui leur fut fatale. Certains clubs digèrent mieux que d'autres une pause de pratiquement deux mois et visiblement, celle-ci a coupé les jambes des Suwon Bluewings. Troisième au soir de la vingtième journée, Suwon a ensuite enchainé dix matchs sans victoire et seulement trois succès en dix-huit journées ! Un petit miracle d'être resté dans le top six et de jouer le championnat du titre. Mais jusqu'à cette pause fatale, les Bluewings affichaient une force collective assez impressionnante sans que des individualités ne ressortent. Bien en place, forte au pressing avec une projection rapide vers l'avant dans des circuits de passe directe, Park Kun-ha avait donné un visage séduisant à son équipe. Une cohérence qui s'est progressivement effilochée après la trêve et qui a donc joué un bien mauvais tour à Suwon. Bien évidemment des joueurs se sont illustrés comme Kim Min-woo au milieu, Lee Ki-je et Kim Tae-hwan en latéraux avancés, Doneil Henry toujours aussi solide en défense, ou encore les deux nouvelles pépites des Bluewings : Kang Hyun-muk et Jeong Sang-bin. De retour d'Europe, Kwon Chang-hoon a apporté un léger plus avant de se blesser de nouveau et de finir la saison sur le banc pour rejoindre les militaires en 2022. À souligner également la barre des quatre cents matchs franchie par Yeom Gi-hoon, la légende du club. Mais Suwon a surtout manqué d'un buteur puisqu’Uroš Đerić a de nouveau déçu avec seulement six réalisation alors que Kim Gun-hee a été longtemps blessé. Il a aussi manqué de dynamiteur sur les ailes, rôle que n'est pas parvenu à remplir Nicolao pourtant très attendu.

Une saison très étrange pour les Bluewings qui finalement garde un petit goût d'échec puisque terminée sur une bien mauvaise note au niveau des résultats. Park Kun-ha n'est pas parvenu à redresser la barre et devra reprendre pratiquement à zéro pour l'an prochain en se reposant sur la première partie de saison tant les matchs étaient prometteurs. Suwon a ce qu'il faut pour viser plus haut que la sixième place mais devra également étoffer son effectif pour atteindre les sommets.

2020 a été catastrophique, 2021 tout autant. Le FC Seoul est complètement passé à côté de sa saison. Comme indiqué en début d'année, le recrutement fut ambitieux, mais le problème s'est situé au niveau de l'entraîneur, comme craint. L'interrogation résidait dans les capacités de Park Jin-sub à remettre ce groupe aux avant-postes et la réponse n'a pas tardé à arriver : il ne pouvait pas. Tout simplement parce qu'il n'a pas su adapter sa vision du football aux joueurs qu'il avait en sa possession. Sans un n°9 cible devant, il a tout de même tenté d'axer ses systèmes offensifs sur des longs ballons vers un pivot. Aleksandar Paločević s'est très vite retrouvé complètement perdu dans cette équipe. L'assise défensive a également sombré alors que Park Jin-sub était plutôt connu pour en créer une solide. Finalement, il fallait attendre des exploits de Na Sang-ho ou Ki Sung-yueng pour voir le FC Seoul faire des résultats. Rien de bon et la direction a mis beaucoup trop de temps à réagir et à changer son fusil d'épaule. Celle-ci a tenté d'apporter du sang neuf pour répondre aux attentes de Park Jin-sub en recrutant deux nouveaux n°9, à savoir Gabriel et Ji Dong-won. Le premier n'a mis que deux buts et ne s'est jamais imposé tandis que le second a de nouveau côtoyé l'infirmerie. Venu densifier le milieu, Connor Chapman n'a eu le droit qu'à deux petits matchs alors que l'homme de confiance de Park Jin-sub, Yeo Reum a disparu en même temps que son entraîneur. Bref, à vouloir faire du Gwangju 2020, le FC Seoul s'est pris les pieds dans le tapis. En septembre, alors que le club était dernier, Ahn Ik-soo a été appelé à la rescousse et a remis tout ça sur le droit chemin.

En onze matchs, il n'a perdu qu'une rencontre, remporté le groupe de relégation et surtout, il a fait des choix forts. Exit Park Chu-young en n°9 et place à Cho Young-wook qui a inscrit six de ses huit buts de la saison sous Ahn Ik-soo. Le jeu fait de ballons longs vers les attaquants a laissé sa place à un jeu au sol et plus direct dans lequel Aleksandar Paločević a repris des couleurs. Les latéraux ont également apporté un vrai plus en ne se contentant plus uniquement de longer la ligne de touche mais en revenant dans l'axe pour participer au jeu. Bref, une autre philosophie et une réussite certes tardive mais prometteuse pour l'année prochaine. Le FC Seoul doit capitaliser sur cette fin d'année pour préparer 2022. Une intersaison qui sera marquée par le départ de Park Chu-young, légende du club et qui a refusé un poste d'entraîneur pour poursuivre sa carrière dans une autre équipe.

Incheon : le maintien avec la manière

Comme chaque année, les Durumi visaient le maintien, et cette fois-ci ils n'ont pas tremblé pour l'obtenir. Mieux, Incheon s'est permis de rêver quelque temps à une place dans le top 6 ! Cho Sung-hwan a fait du bon travail, comme espéré, avec l'effectif à sa disposition. Elias Aguilar a été le meneur de jeu attendu alors que Mugosa a répondu présent malgré sa longue absence pour blessure et quarantaine lié à la COVID-19. Dommage que le Monténégrin soit resté longtemps sur la touche, affaiblissant considérablement la force de frappe d'Incheon. Une absence qui se ressent dans les chiffres puisqu'Incheon est la moins bonne attaque de la saison. Pour sa part, Negueba a retrouvé ses jambes sur son côté droit malgré son inconstance. En défense, le groupe des anciens, composé de Oh Ban-seok (trente-trois ans), Oh Jae-suk (trente-et-un ans), Kang Min-soo (trente-cinq ans) et Kim Kwang-suk (trente-huit ans) a tenu et a même été accompagné par l'Australien Harrison Delbridge, auteur d'une belle année. Une saison convaincante pour tout le monde.

Incheon sera donc encore présent en 2022 avec toujours le même objectif : assurer le maintien. Mais après avoir pris goût au top 6, pourquoi ne pas rêver plus grand ? Cho Sung-hwan avait déjà mené Jeju à la seconde place en 2016, il sait ce qu'il faut faire pour jouer les premiers rôles. Certes l'effectif était différent, mais si les Durumi parviennent à garder leurs hommes forts et pourquoi pas attirer de nouvelles têtes, le rêve est permis.

La saison fut longue et difficile pour les Steelers après la perte de leurs meilleurs joueurs en début d'année. Elle le fut encore plus à l'été lorsque Song Min-kyu a mis les voiles pour Jeonbuk, lui qui parvenait à porter Pohang sur ses épaules. Aussi bon entraîneur qu'il soit, Kim Gi-dong a eu toutes les peines du monde à garder son équipe compétitive en K League et en Asian Champions League. Cette dernière fut l'unique satisfaction de la saison des Steelers avec une finale surprise, mais perdue face à Al Hilal. Sur le terrain, il faut dire que Kim Gi-dong n'a eu que de rare certitude. Kang Sang-woo a de nouveau fait une saison pleine, Shin Jin-ho a été incontournable au milieu alors que Lim Sang-hyub a terminé meilleur buteur du club. Pour le reste, ce ne fut que déception : Palacios n'a toujours pas progressé et semble avoir atteint ses limites, Borys Tashchy et Mario Kvesić ont bien trop peu apporté, Lee Soo-bin n'a pas réussi à se remettre dans le bon sens après sa saison manquée à Jeonbuk et Lee Seung-mo n'a pas confirmé dans un rôle d'avant-centre qui n'est pas le sien. Concernant Alexander Grant, il s'est malheureusement blessé très tôt et n'a pu venir que trop tardivement stabiliser la défense de Pohang qui a connu de nombreux passages à vide.

Les Steelers doivent tourner la page de ces deux dernières saisons qui ont été positives malgré un championnat 2021 raté. Il va falloir recomposer un groupe performant, mais avec les problèmes économiques liés à la pandémie de COVID-19 que connait le groupe POSCO, ce n'est pas chose acquise que Pohang se positionne sur les meilleures pioches du marché. Il faudra certainement compter sur le centre de formation, qui sort habituellement de nouvelles têtes. 2021 fut un peu une exception puisqu'aucune jeune pousse ne s'est vraiment montrée, mis à part Go Young-joon qui a été intéressant sur certaines sorties.

Seongnam : sans surprise

Il n'était pas attendu grand-chose de la part des Magpies et ceux-ci n'ont pas apporté quelque chose de réjouissant pour donner tort aux observateurs. Certes le maintien est obtenu sans vraiment trembler, mais Seongnam a passé la saison sans attirer l'attention. Se limitant au strict minimum. Seul l'attaquant Fejsal Mulić, qui termine l'année avec treize buts, a montré des qualités inattendues pour un joueur de son gabarit (2m03) à savoir des courses dans le dos des défenseurs et une bonne vitesse, toute proportion gardée. Très bonne pioche qui est déjà assurée de rester l'an prochain et qui fera le plus grand bien. En revanche, Sergiu Bus fut une grande déception et ne sera pas conservé. En défense, Richard Windbuchler a été précieux sur ses matchs tout comme Kwon Kyung-won qui est venu renforcer ce secteur à la fin de son service militaire. Dans les buts, Kim Young-kwang a été impeccable pour venir combler les erreurs des hommes placés juste devant lui.

Pour le reste, rien de bien transcendant. Kim Nam-il a fait énormément tourner pour essayer de garder une équipe concentrée et fraîche au regard du calendrier. Mais cela n'a pas aidé à avoir un jeu cohérent et attrayant. De plus, Hong Si-hoo, jeune pousse attendue, n'a pas été aussi brillant qu'espéré. Bref, une saison quelconque qui ne restera pas dans les mémoires mais qui permet au club de rester encore en K League 1. L'an prochain, Seongnam ne devrait pas changer sa recette mais celle-ci fonctionnera-t-elle encore une année de plus ? Rien n'est moins sûr.

Gangwon : le grand n'importe quoi (2)

Après le FC Seoul, Gangwon remporte également le trophée du grand n'importe quoi de la saison 2021. Souvenez-vous, l'hiver dernier, Gangwon réalisait un recrutement ambitieux avec Rim Chang-woo, Yun Suk-young, Rustamjon Ashurmatov, Masatoshi Ishida ou encore Kim Dae-won pour ne citer qu'eux. Sauf que la sauce n'a pas prise avec Kim Byung-soo et que le club s'est lentement mais surement enfoncé dans le bas du classement. La direction a bien tenté de trouver des solutions en réalisant une nouvelle fois un mercato mouvementé : départ de Masatoshi Ishida (parti faire le bonheur de Daejeon) et arrivées de Lee Jeong-hyeop, Matija Ljujić et Momchil Tsvetanov. Mais sans succès puisque les deux milieux de terrain n'ont pas été éblouissants alors que Lee Jeong-hyeop n'a inscrit qu'un seul but et continue de décevoir année après année sans pour autant diminuer sa cote de popularité aux yeux des clubs. Finalement, les seules recrues satisfaisantes furent Rim Chang-woo, Yun Suk-young et Kim Dae-won, qui s'est démené sur le front de l'attaque en compagnie de Go Moo-yol et Cho Jae-wan. Rustamjon Ashurmartov a alterné les mauvaises performances et les blessures, l'attaquant Serbe Vladimir Silađi, lui aussi arrivé cet hiver, n'aura pas donné satisfaction au poste de n°9 avec seulement trois buts. Au milieu, seul Han Kook-young a rayonné, continuant de s'imposer comme l'un des milieux les plus solides du championnat mais il fut bien seul.

Mais l'autre gros loupé de Gangwon se situe là aussi au niveau de la direction qui n'a pas su réagir à temps pour sortir son club de sa mauvaise passe. Il a fallu attendre le soir de la 35e journée pour que Kim Byung-soo, dont le discours ne passait plus depuis bien longtemps, soit écarté et remplacé par un adjoint avant que Choi Yong-soo soit nommé à deux journées de la fin. Beaucoup trop tard et Gangwon s'est logiquement retrouvé en barrages face à Daejeon. Déjà sauveur du FC Seoul en 2018 dans cette situation, Choi Yong-soo a réussi à maintenir Gangwon en K League 1 (1-0, 4-1) et peut donc s'atteler à préparer 2022. La matière est là, les joueurs n'ont pas perdu leur qualité en une saison, il suffit juste à Choi Yong-soo de créer une équipe qui réponde à ses attentes après une année passée à errer sur les terrains.

Gwangju : prévisible

Voir Gwangju terminer dernier de K League 1 en 2021 n'est finalement pas une surprise. Le club avait décidé de changer considérablement cet hiver avec notamment l'arrivée de Kim Ho-young sur le banc. Sa nomination semblait une mauvaise idée, elle s'est confirmée. Le club n'ayant vraiment jamais joué autre chose que la relégation. De plus, les joueurs partis n'ont effectivement pas été remplacés (Willyan, Rustamjon Ashurmatov, Yeo Rum, Hong Joon-ho notamment) et le dernier transfert concernant Felipe a été une catastrophe : départ de l'attaquant brésilien pour Chengdu en échange de Jonathan, ancienne gloire des Suwon Bluewings. Mais voilà, Jonathan est arrivé blessé et n'a finalement joué que quarante minutes au cours de la saison. Gwangju s'est donc fait rouler dans la farine et a perdu le seul joueur capable de mettre des buts. Avec une gestion pareille, il était normal de voir Gwangju se retrouver en K League 2 pour 2022. Une année à oublier et à utiliser comme leçon.

Pour l'année prochaine, il faudra reconstruire complètement puisque Kim Ho-young a été écarté après la déroute et nous sommes en droit de se demander pourquoi il ne l'a pas été plus tôt. Gwangju pourra néanmoins composer avec de bons joueurs pour son nouveau projet : Yoon Bo-sang a fait une saison solide dans les buts, Eom Won-sang, s'il reste, a été très bon toute l'année et le meilleur joueur de l'équipe et a composé un trio d'attaque intéressant avec Heo Yool (vingt ans) en n°9 et Eom Ji-sung (dix-neuf ans) sur l'aile gauche. Sans oublier que le Brésilien Reis a annoncé qu'il resterait au club pour l'année prochaine. Il suffit donc à Gwangju de nommer le bon coach pour faire progresser ses jeunes et reprendre sa marche en avant pour espérer retrouver la K League 1 en 2023.

Au poste de gardien de but, comme depuis 2017, c’est Jo Hyeon-woo (Ulsan) qui s’impose comme le meilleur portier du championnat. En défense, Kang Sang-woo (Pohang) sort du lot malgré la saison compliquée de son équipe alors Jeong Seung-won (Daegu) se voit récompenser pour ses performances sur le flanc droit. En charnière, le solide Néerlandais Dave Bulthuis (Ulsan) accompagne l’incontournable Hong Jeong-ho (Jeonbuk), désigné meilleur joueur de la saison. Au milieu, Paik Seung-ho (Jeonbuk) a été incontournable dans le cœur du jeu de son équipe. Devant lui, le duo Kim Bo-kyung (Jeonbuk) – Cesinha (Daegu) a la charge d’animer le secteur offensif. Celui-ci est composé du duo d’ailier Lee Dong-jun (Ulsan) et Song Min-kyu (Pohang puis Jeonbuk). Enfin, le n°9 ne pouvait qu’être Joo Min-kyu (Jeju) meilleur buteur de la saison. Pour mener cette équipe, Nam Ki-il (Jeju) se voit récompenser également de sa saison sur le banc des Insulaires.

L’équipe des moins de 22 ans

La règle des joueurs de moins de 22 ans étant imposée à tous les clubs de K League, il était normal de proposer une équipe type des jeunes joueurs. Bien évidemment certains choix ont été faits par défaut, comme celle de Lee Gwang-yeon (Gangwon) dans les buts puisque rare gardien de moins de vingt-deux ans à avoir eu du temps de jeu. En défense, Lee Tae-seok (Seoul) occupe l’aile gauche alors que Kim Tae-hwan (Suwon Bluewings) occupe l’aile droite. Dans l’axe, Jo Jin-woo (Daegu) est accompagné de son coéquipier Lee Jin-yong (Daegu) plutôt habitué à jouer devant la défense. Au milieu, un duo composé de Kang Hyun-muk (Suwon Bluewings) et Kim Bong-soo (Jeju). Sur les flancs de l’attaque, sans surprise et comme l’an dernier, toujours Song Min-kyu (Pohang puis Jeonbuk) sur l’aile gauche et Eom Won-sang (Gwangju) sur l’aile droite. En pointe, un duo composé de Oh Se-hun (Ulsan) en tant que n°9 et de Jeong Sang-bin (Suwon Bluewings) pour « tourner » autour de lui.

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