Berisha, les adieux d’une légende | OneFootball

Berisha, les adieux d’une légende

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Lucarne Opposée

Le championnat australien a vu partir une de ses légendes de la dernière décennie, Besart Berisha. À trente-six ans, l’attaquant kosovar du Western United a décidé de continuer à relever un nouveau défi, en Europe, dans son pays natal.

Mercredi 15 septembre. « Besart Berisha zbarkon te FC Prishtina » peut-on lire sur la page Twitter officiel du Klubi Futbollistik Prishtina, le club de première division du championnat national du Kosovo. Besart Berisha, trente-six ans, retrouve sa ville et naissance qu’il a quittée très jeune. Plus qu’une signature intéressante pour les Plisats, onze fois champion du Kosovo, c’est un au revoir définitif d’une légende du football australien.

Des débuts parfaits

Évoquer Besart Berisha, c’est parler de l’histoire de la A-League de ces dix dernières années. Nous sommes en octobre 2011 et le Brisbane Roar d’Ange Postecoglou titularise cet européen miné par les blessures à la pointe de son équipe. Avant d’affronter les Central Coast Mariners en ce 8 octobre, l’attaquant kosovar voulait « tomber amoureux à nouveau du football » parce que ce sport dont il a fait son métier a décidé trop longtemps de le placer à l’infirmerie ou de ne jamais lui laisser sa chance. Comme ce fut le cas à l’Arminia Bielefeld, en Allemagne, là où, par pur hasard, Rado Vidošić — le coach assistant d’Ange Postecoglou à l’époque — décelait en lui un potentiel intéressant alors qu’il était venu voir son fils, Dario.

2014 Getty Images

En arrivant dans le Queensland, Berisha ne se doutait pas qu’Ange Postecoglou voulait implanter un style de jeu particulier et révolutionnaire faisant de son Brisbane Roar le « Roarcelona », clin d’œil au FC Barcelone des années Pep Guardiola : un jeu de possession et orienté vers l’attaque qui sied parfaitement à Berisha. Une saison à vingt-neuf matchs, dix-neuf buts en saison régulière et deux en phase finale avec le titre suprême du Championship (titre du vainqueur des play-offs) acquis face au Perth Glory FC dans une finale qui voyait Berisha s’offrir un doublé. Trois ans plus tard, en 2014, Ange Postecoglou a quitté le navire depuis longtemps en laissant le club avec un record de trente-six matchs sans défaite, du jamais vu dans le sport australien, mais Besart Berisha est resté et s’est imposé tout en remplissant armoire à trophée : nouveau titre de Championship sous les ordres de Mike Mulvey et Premiership, champion de la saison régulière lui manquant avec ce Roar, tout en continuant d’empiler les buts. Vint alors le temps où la crête blonde du Suncorp Stadium a dû mettre fin à sa carrière dans le Queensland, la faute notamment à cette règle du salary cap. C’est au Melbourne Victory que le Kosovar rebondit.

2018 Getty Images

Le champion des champions

« Ce que j'avais avec Kevin [Muscat, son entraîneur de l’époque] était quelque chose d'unique. Je lui en serai toujours reconnaissant car avec Kevin, j'ai atteint un autre niveau de football, un autre niveau personnel aussi. Si je regarde en arrière, Kevin a été le plus influent, je pouvais tout faire en tant que joueur et grandir en tant qu’homme. J'ai appris tellement de choses, vous savez, la façon dont il me comprenait, la façon dont il savait tout ce dont j'avais besoin. C'était vraiment spécial ». Connu pour ses tacles assassins qui ont fait de lui sa réputation, Kevin Muscat dirige le Victory et comprend parfaitement un garçon comme Berisha. L’histoire dure quatre années au cours desquelles le Melbourne Victory devient le plus grand club d’Australie, Berisha l’un des joueurs les plus titrés du championnat : doublé saison régulière/play-offs en 2014/15, Championship en 2018, FFA Cup 2015 à titre collectif, meilleur joueur dont un deuxième titre de meilleur buteur en 2016/17 à titre individuel.

Après cinquante buts en quatre-vingt-trois matchs sous les couleurs du Roar, Berisha quitte le Victory au terme de quatre saisons conclues sur quatre-vingt-deux buts en cent trente matchs et tente alors une nouvelle expérience à l’étranger. Elle ne dure que le temps d’une courte pige au Japon, le Sanfrecce Hiroshima ne le faisant finalement jamais entrer dans ses plans. Le rebond ne peut alors venir que d’Australie. En septembre 2019, Besart Berisha connait son troisième club de A-League en rejoignant le petit nouveau de Melbourne, le Western United. On saura plus tard que d’autres offres étaient arrivées sur son bureau, mais il était trop « reconnaissant pour ce pays et la A-League, c'est pour cela que j'ai choisi de revenir ». Continuant de relever tous les défis, Berisha continue alors de faire trembler les filets à dix-neuf reprises la première saison, avec une historique qualification pour les play-offs dès la première saison de la franchise, six la deuxième en douze matchs.

L’histoire de Besart Berisha et du championnat de A-League s’arrêtait là, au terme de deux cent-trente-six matchs. À trente-six ans, Besart Berisha voulait un poste de numéro un. United ne voulant lui offrir. On a un temps rêvé à un retour au Victory mais Tony Popović ne voulait pas non plus lui offrir le poste de titulaire en attaque. Et ainsi s’en est allé le meilleur buteur de l’histoire de la A-League après une décennie à écrire l’histoire. Le 3 octobre dernier, Besart Berisha faisait son entrée face à Drita. Et ainsi débutait l’écriture du dernier chapitre de sa grande histoire.

Photo une : 2017 Getty Images

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