Bensebaini : "Pléa c'est un tueur, Thuram c'est un fou !"

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Romain Welter

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Au Borussia Mönchengladbach depuis l’été 2019, le défenseur algérien Ramy Bensebaini s’est imposé comme une valeur sûre en Bundesliga. Pour OneFootball, le joueur de 26 ans revient sur son adaptation au championnat allemand, le groupe de Gladbach et la saison spéciale du club qui a fait un beau parcours en atteignant les 8e de finale de la Ligue des champions.


Cela fait quasiment deux ans que tu es à Gladbach. Qu’est-ce qui avait motivé ton choix de rejoindre la Bundesliga et ce club en particulier ?

« Quand j’étais à Rennes, j’avais quelques options. J’étais arrivé à un stade où je voulais changer de club et découvrir un autre championnat. J’ai eu la proposition de Mönchengladbach et le coach m’a appelé pendant la Coupe d’Afrique des Nations, avant le match contre la Guinée. Le directeur sportif et lui m’ont expliqué le projet, que le club comptait sur moi, que le coach aimait mon profil et ma façon de jouer. Après j’ai vu que l’équipe était assez jeune, c’est ce qui m’a motivé et a fait pencher la balance pour Gladbach. »

Justement, tu évoques la jeunesse de l’effectif. Comment est l’ambiance dans le vestiaire ?

« On s’entend tous bien. Personnellement, je m’entends avec tout le monde. C’est vrai que j’ai le problème de la langue parce que je ne parle pas encore allemand. C’est trop difficile pour moi (rires). Mais j’essaye de me débrouiller en anglais et on a pas mal de joueurs qui parlent français. »

Pour évoquer cette saison, comment juges-tu votre parcours dans les différentes compétitions ?

« En Bundesliga, on a pas mal commencé mais on a eu cette chute de 7-8 matches sans victoire et ça nous a fait mal. Mais là, on commence à revenir avec deux victoires et un nul. Pour la Ligue des champions, franchement on était au top pour la phase de poules. Jusqu’à la dernière journée, on a été premier d’un groupe avec le Real Madrid, l’Inter et le Shakhtar donc on a fait le taf. Après on est tombés sur Manchester City et c’était clairement plus fort que nous. Cela reste une bonne expérience. »

Par rapport aux six matches qui restent en championnat, est-ce que vous vous êtes fixé un objectif de points ou une place à aller chercher ?

« Oui, on veut aller chercher une place européenne. Il reste six matches et on est sur une bonne dynamique. On va essayer de prendre le plus de points possibles en commençant par Francfort ce week-end. »

Tu viens d’être élu joueur du mois à Gladbach. Comment juges-tu ta saison individuellement ?

« Je pense que j’étais plus en forme l’année dernière. Avec le Covid, quelques blessures, les mauvais résultats et l’enchaînement de matches, cela a été un peu difficile. Mais dans l’ensemble, ça va quand même. »

Cette saison, tu as découvert la Ligue des champions. Quels moments vas-tu garder en mémoire ?

« Les deux-trois matches en phase de poules (NDLR : il en a manqué trois à cause du Covid). Entendre l’hymne de la Ligue des champions, c’est énorme aussi. En plus, j’ai mis deux buts, donc c’était top. »

Je crois que Sergio Ramos est un de tes joueurs préférés. Qu’est-ce que ça t’a fait de l’affronter ?

« Franchement ça m’a fait plaisir en me disant que cinq-six ans en arrière, je le regardais à la télé. J’espérais être à ce niveau un jour, jouer contre lui et faire un match de Ligue des champions. Le voir devant moi, jouer contre le Real Madrid, c’était quelque chose d’extraordinaire. »

Entre le Covid, les matches à huis clos et la Ligue des champions, c’est vraiment une saison totalement différente des autres, non ?

« Oui c’est différent. On aurait aimé jouer les matches de Ligue des champions avec nos supporters et les stades complets. Après, on doit faire avec. J’ai envie de dire qu’on s’est habitués. Quand on n’a pas le choix, on n’a pas le choix. »

C’est ta deuxième saison en Bundesliga, quelle différence vois-tu par rapport à la Ligue 1 ?

« C’est beaucoup plus sur le plan physique, comment les équipes défendent, le pressing. En Bundesliga, je fais plus de sprints qu’à Rennes. On presse trop haut, le coach demande toujours d’aller chercher l’équipe adverse. C’est ce qui change le plus. »

Au niveau de l’organisation et du fonctionnement du club, est-ce qu’il y a de grosses différences par rapport à ce que tu as connu à Montpellier ou Rennes ?

« Pas vraiment, ça reste des clubs professionnels. Sur ce plan-là, il n’y a pas grand-chose qui change. »

J’avais lu qu’au niveau de la discipline…

« Ouais. Ici on doit être au centre une heure avant l’entraînement. A Rennes, c’était 30 minutes. Et cinq minutes en retard, ça allait. Sauf qu’ici, cinq minutes, c’est cinq minutes. Ca m’est arrivé une fois d’arriver en retard. Je sors de chez moi mais il y a des bouchons. J’arrive trois-quatre minutes en retard mais juste en arrivant, je croise le coach et il me fait ça (signe de tapoter sur sa montre). Je lui dis que c’est pas de ma faute, qu’il y avait des bouchons sur la route. Cela faisait 45 minutes que j’étais parti de chez moi. Mais il m’a dit qu’il en avait rien à foutre et qu’ici il fallait sortir une heure ou une heure et demie avant si besoin. « Ici on n’est pas en France, on est en Allemagne ». Il me l’a dit en rigolant mais bon… C’est vrai que c’est plus carré sur les horaires par exemple. »

Avant de signer à Gladbach, tu avais déjà fait 5 saisons en pro en Europe avec 8 buts et 2 passes décisives au total. Là en deux ans en Allemagne, tu es déjà à 9 buts et 5 passes décisives. Qu’est-ce que la Bundesliga t’a apporté au niveau offensif, de l’esprit ?

« Je reste avant tout un défenseur. Mon premier job est de bien défendre. Mais j’avoue que ces deux dernières années, je suis plus attiré par l’aspect offensif. Après c’est aussi le coach qui demande cela. Sur notre plan de jeu, parfois on a un 6 qui décroche donc les deux latéraux sont beaucoup plus haut. Et perso, ça me va. Je vais pas me plaindre ! (sourires) C’est grâce à la philosophie de jeu du coach en fait. »

A Gladbach, tu joues avec deux internationaux français : Alassane Pléa et Marcus Thuram. Qui est le plus technique des deux ?

« Lasso. Lasso est technique. En fait, Alassane est plus un tueur devant le but que Thuram. Mais niveau dribbles, c’est Thuram. »

Et le plus drôle ?

« Thuram. C’est un fou, c’est un fou. »

Tu as également joué avec Oscar Wendt ces deux dernières saisons, une légende du club qui va partir cet été. Qu’as-tu appris à ses côtés ?

« Déjà, c’est un exemple pour moi. C’est un joueur qui a fait je ne sais combien de matches en Bundesliga. C’est vraiment quelque chose, respect. Après on joue tous les deux sur le même côté pour un seul poste. Ma première année, c’était un peu dur parce qu’il y avait du niveau en face de moi. Donc c’était pas facile à bouger (sourires). Après c’est un gars sympa, il est toujours là à me parler, me conseiller. Même si on joue au même poste…

Parfois dans d’autres clubs, les concurrents ne se parlent même pas. Mais Oscar est un bon gars, il est toujours là à me donner de bons conseils. Et même si je joue et pas lui, il vient me féliciter à la fin si j’ai été bon. Je suis tombé sur quelqu’un qui pouvait me donner des bons conseils grâce à ses nombreux matches. »

Pour finir, le club vient d’annoncer qu’Adi Hütter, l’entraîneur de l’Eintracht, allait succéder à Marco Rose la saison prochaine. Hasard du calendrier, vous allez jouer contre l’Eintracht ce samedi. Est-ce que vous en discutez dans le vestiaire ? Est-ce que ça vous donne une motivation supplémentaire pour le match ?

« Non, moi perso je n’ai pas à parler de ça. Peut-être des joueurs qui parlent allemand l’évoquent entre eux. Si le président a décidé cela, c’est que c’était le bon choix. Après on va jouer contre eux ce week-end, ça reste un match de football comme les autres et on va se donner à fond et essayer de gagner. L’année prochaine, quand il viendra, ce sera une autre histoire. »