Bensebaini : "L'Algérie en 1/2 de Coupe du monde ? Franchement oui !"

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Romain Welter

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Défenseur de 26 ans évoluant au Borussia Mönchengladbach depuis 2019, Ramy Bensebaini évoque, pour OneFootball, la sélection algérienne avec laquelle il a gagné la CAN 2019 et ses débuts en tant que footballeur.


Parlons un peu de l’Algérie. Quel est le souvenir qui te vient directement à l’esprit en pensant à la CAN 2019 ?

« Le moment où on soulève la coupe et mon penalty contre la Côte d’Ivoire, le match contre la Côte d’Ivoire. »

Plus que la finale ?

« Oui, si, la finale un peu plus. Mais le match le plus dur pour moi, c’était la Côte d’Ivoire (quart de finale). »

Justement, qu’est-ce que Djamel Belmadi a changé selon toi au sein de la sélection ?

« Il a ramené cette envie. Avant on avait envie de jouer. Mais là cet amour pour le pays, cette envie de se battre, de mourir sur le terrain pour le peuple et le pays. Ça, on ne l’avait pas avant. Et Belmadi a réussi à ramener ce plus pour les joueurs. Franchement, avec un coach comme ça, tu ne peux que aller à la guerre. »

Est-ce que tu sens que le regard a changé sur la sélection algérienne ?

« Oui, forcément comme on est devenus champions d’Afrique. Avant la CAN, il n’y avait que deux-trois personnes qui misaient sur nous. Et maintenant, on est tenants du titre et un peu la cible de tout le monde. On est l’équipe à battre. Donc c’est à nous de rester focus sur notre objectif. On est déjà qualifiés pour la prochaine CAN et il nous reste la qualification pour la Coupe du monde. On a un bon coach, un bon staff et un bon groupe donc on va faire le maximum pour se qualifier. »

En 2022, il y aura sans doute la CAN et la Coupe du monde. Quels seront les objectifs de l’Algérie pour ces compétitions ?

« Déjà, il faut se qualifier pour la Coupe du monde et après aller le plus loin. En Afrique, l’objectif est clairement de garder le titre. Avec le coach, on va faire du bon taf pour arriver à ce but. »

Pour la Coupe du monde, tu penses que vous avez le groupe pour devenir la première nation africaine à atteindre la demi-finale voire la finale ?

« Franchement, ouais, on a un bon groupe. On a fait toute une coupe d’Afrique sans perdre contre des grosses équipes. On était forts défensivement. Après la CAN, on a joué la Colombie, le Mexique… Pas n’importe qui. Et on est arrivés à battre la Colombie, à faire match nul contre le Mexique à dix. Donc oui on a le groupe et le potentiel pour… Après ça reste du football et on n’est jamais sûr de rien. Mais on sait qu’on a un bon groupe. »

Pour revenir en arrière, tu as notamment été formé au Paradou (club de la banlieue d’Alger). Qu’est-ce que tu as appris là-bas qui te permet d’être le joueur que tu es aujourd’hui ?

« C’est surtout les entraînements pieds nus. Ca te permet de sentir le ballon, mieux s’appliquer sur les contrôles et les passes. J’ai fait trois ans pieds nus donc techniquement je ne me plains pas (sourires), ça va. Mais il y a plein de trucs dans ma tête qui reviennent de Paradou. »

Tu penses que la technique, c’est la base qui permet à Paradou de sortir tous ces bons joueurs qui arrivent en Europe ?

« Oui, la technique, l’envie. Parce que sortir de l’Algérie, on sait tous que c’est pas facile. Et avoir cette petite chance de rejoindre l’académie du Paradou pour faire peut-être partie des 2-5% de joueurs qui sortent, c’était la seule opportunité pour jouer en Europe. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est 80% grâce à ma mère et mes parents et 20% grâce au Paradou. »

A ce propos, quelle a été l’importance de ta famille dans le succès de ta carrière et ton amour du football ?

« Mon grand-père était un gardien de but, mon père un joueur de foot. Mais aussi mes deux oncles, mon cousin… Donc on est vraiment une famille de sportifs. Je suis né directement dans le football. C’était pas forcément un choix. J’ai pas eu le choix entre le basket et le foot par exemple, ça a été directement le foot. Comme toute ma famille en faisait, j’ai reçu beaucoup de conseils et ils ont été avec moi, m’ont suivi. Comme ça je reste bien sur mon chemin, pour pas dérailler. Ma mère fait attention à ça. J’ai eu la chance d’avoir une mère et une famille comme ça. »

Pour l’avenir, quels sont tes grands objectifs en club et sélection ?

« Enchaîner le plus de matches possible, gagner des titres. Et déjà se qualifier pour une coupe d’Europe cette année. Après avec l’Algérie, se qualifier pour la Coupe du monde et aller le plus loin possible. »

Dernière question. Tu as joué avec ou contre Karim Benzema, Baghdad Bounedjah, Erling Haaland, Robert Lewandowski et Kylian Mbappé. Si tu étais président et pouvais en recruter deux, tu prendrais qui ?

« C’est dur. (temps de réflexion) Je prendrais Bounedjah et Mbappé. Pourquoi ? Mbappé va m’aider avec sa vitesse et sa technique. Alors que Bounedjah, c’est un tueur devant le but. J’aurais pu prendre Benzema aussi, c’est Benzema… mais je prendrais Bounedjah. »